MURES 008En septembre, les paniers et les seaux sont de sortie pour organiser dans les règles une capture de l’été qui s’enfuit : épis de blé, de seigle et d’avoine glanés dans les champs, mûres et baies de sureau grappillées sur les talus que vont bientôt roussir les fougères aigle, tout cela dans l’attente des pommes qui jouent les prolongations sur les branches ployant sous un soleil plus bas. Les céréales nourriront les hôtes du poulailler et les petits fruits garniront les tartines du petit-déjeuner et du goûter. Le glanage et le grappillage, c’est une course au trésor, le nez au vent !

L'action réglementée de glaner consiste en France, à exercer un droit d'usage légal sur des produits agricoles, ou même sur des objets, dont on n'est ni preneur, ni propriétaire...

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Pour exemples, le glanage peut consister au ramassage sur sol de la paille et des épis, après la moisson, ou bien, à la récupération des derniers fruits mûrs tombés dans le verger, et délaissés par le producteur. On distingue donc le glanage, qui concerne ce qui reste sur le sol, du grappillage qui concerne ce qui reste sur les arbres ou les ceps après la cueillette. On glane ainsi des pommes de terre, des céréales, on grappille les raisins, les pommes, les fruits en général.

Aux origines, le verbe "glaner", provient de l’ancien français "gle ner", du bas-latin "glenāre", et du celte "do-glinn" « il cueille, ramasse ». Le glanage est à distinguer de la cueillette : la cueillette date des premières aubes de l'humanité; comme la pêche et la chasse. La cueillette consiste simplement à ramasser les plantes et fruits sauvages de la nature, pour s'alimenter et/ou pour se soigner.

A la fin du Moyen-age, le droit de propriété commençant à s'affirmer par écrit, le glanage fut attesté et légalisé par la royauté : l'édit royal du 2 novembre 1554 (du roi Henri II) sur le droit de glanage fut alors promulgué. Il reste toujours en vigueur à ce jour, sur l'ensemble du territoire français : « ... le droit de glaner est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés, aux petits enfants.  [...] ...le droit de glanage sur le terrain d'autrui ne peut s'exercer qu'après enlèvement de la récolte, et avec la main, sans l'aide d’aucun outil... » . Cet édit, complété par les lois des codes civil et pénal, sert toujours de référence dans la jurisprudence française actuelle, en cas de conflit ou de litige...

Le glanage, le grappillage et la cueillette: un type alternatif de consommation ?

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Marmelade de mûres et de baies de sureau

Les mûres se cueillent à la fin de l’été dans les ronciers et sur les talus. Il vaut mieux éviter de cueillir les fruits qui ont poussé trop près du sol et peuvent être souillés. Si les mûres sont très belles, juteuses et sucrées, penser à cueillir quelques fruits encore rouges –et donc qui ne sont pas mûrs- pour équilibrer la marmelade en acidité sans avoir à utiliser de citron-.

Les baies de sureau noir poussent ici en abondance sur des arbustes dans les chemins, le long des talus, au pied d’autres arbres. Ce sont des arbustes très florifères au port gracieux et qui sont très intéressants à plus d’un titre car les fleurs, au printemps, permettent de parfumer délicatement les confitures ou de réaliser un apéritif ou du vinaigre au parfum étonnant. Il faut veiller à n’utiliser que les baies mûres, d’un noir profond et brillant, et délaisser les baies rouges ou vertes qui n’ont pas atteint leur maturité

Pour 4 à 5 pots

2 kg de fruits en mélange, mûres et baies de sureau (2/3 de mûres et 1/3 de sureau)

700 gr de sucre

et c'est tout!

Trier, laver et laisser égoutter les fruits quelques minutes. Les placer dans une bassine à confiture (de préférence en cuivre mais une cocotte fera l’affaire), les recouvrir de sucre et laisser fondre quelques heures. Placer la bassine sur feu moyen et laisser compoter environ une heure en remuant avec une cuillère en bois (qui va se teinter durablement de violet !). Un parfum puissant envahit la maison...

Passer la confiture à la moulinette ou au presse-purée pour séparer les pépins des fruits. Cette opération a également pour objectif d’écraser un peu les pépins des mûres et donc de libérer la pectine qu’ils contiennent : inutile de rajouter quoi que ce soit, gélifiant ou agar-agar.

Placer la marmelade obtenue dans la bassine, remettez-la sur le feu moyen et laisser monter doucement en température en remuant constamment et doucement.

Parallèlement, faire stériliser les pots et leurs couvercles (ou leurs cercles de caoutchouc) dans un cuit-vapeur ou dans une grande casserole d’eau bouillante. Sortir les pots et les couvercles et les égoutter sur un torchon bien propre. Remplir les pots et visser les couvercles à fond.

Voici un petit morceau d’été emprisonné qui réveillera toute l'année les tartines de pain au blé noir ou des crêpes encore chaudes (mais on en reparlera)... Une bouffée de fin d'été...

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