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Disons-le tout net : le petit chaperon rouge est morlaisien et il habite encore venelle au son. Suivez le guide !  Se balader à Morlaix relève de la gageure car il faut déambuler dans d’étroites venelles abruptes le nez en l’air. Le jeu en vaut toutefois la chandelle car on rencontre des merveilles d’architecture et une étonnante statuaire bavarde…  Situé au confluent du Jarlot à l’est et du Queffleut à l’ouest, Morlaix existe depuis l’époque romaine comme lieu de passage et de défense. Appelé Morloleum et Mont Relaxus (mont du repos) dans les désignations latines francisées ensuite en Montrelais (mont du relais), enfin Morlaix, Montroulez serait une dégradation du latin adoptée par la langue bretonne.

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Ayant servi de base à un camp romain, le promontoire rocheux fut choisi vers l’an 1000 par un comte de Tréguier pour y édifier son château dont il ne reste pas grand-chose aujourd’hui. Dès lors, pêcheurs, marchands et artisans s’établirent au pied de la forteresse alors que les invasions vikings hantaient encore la ville. Cette dernière fut donc fortifiée au cours des XIème et XIIème siècles. Possession des comtes du Léon depuis 1035, Morlaix devient bretonne en 1277.

Le XIIIème et le XIVème siècle, période faste de la cité verront s’édifier deux des plus beaux monuments de la basse Bretagne : le couvent des Dominicains (puis des jacobins) et la Collégiale du Mur (construite entre 1295 et le début du XVème siècle). La flèche s’élançant à 85 mètres au-dessus du sol, était visible depuis l’horizon de la baie de Morlaix et servait d’amer aux marins.

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A l’industrie de la pêche et du séchage vient s’ajouter celle de la toile, faisant la fortune des bourgeois de Morlaix.

Les somptueuses maisons à lanternes (verrières caractéristiques), avec façades habillées dans les angles et aux étages de saints et de grotesques remplacent Rue du Mur et Grand Rue, les vieilles maisons en torchis (aujourd’hui, il n’en reste que quatre plus ou moins transformées). La plus ancienne demeure de Morlaix (XVème siècle) se dresse dans l’arrière-cour d’une maison du XVIème siècle située, côté ouest de la Place des Otages.

Et nous voilà enfin venelle au son où se trouve l’ancien hôtel du Chaperon Rouge : trinquons d’un très parfumé jus de pommes et mûres avec ces personnages venus de la nuit temps …

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Pour deux litres de jus de pommes et mûres :

4 à 5 kg de pommes bio bien mûres et parfumées

1 kg de mûres sauvages

Une centrifugeuse ou, mieux encore, un extracteur à chaud.

Et c’est tout !

Bien rincer les pommes et les mûres. Placer dans l’extracteur  les pommes coupées grossièrement en cubes (en laissant peau, trognons et pépins, pleins de parfums et de vitamines) et les mûres en couches alternées. Placer sur feu vif. Placer des flacons ou des bouteilles et leur système de fermeture dans un cuit-vapeur pendant une vingtaine de minutes.

Remplir les bouteilles du jus brûlant et rubis et bien les fermer pour emprisonner les parfums –et accessoirement permettre la conservation de ce mélange original, goûteux et peu sucré-. Laisser refroidir et reposer quelques jours. La pulpe obtenue régalera les poules ou alimentera le compost.

Servir bien frais avec des glaçons et des feuilles de menthe bergamote. On peut également ajouter du sirop de canne ou du miel de sarrasin et allonger le jus avec de l’eau gazeuse. Yec’hed mat ! (à la vôtre !)

Au loup ! et pour continuer la balade, cap sur le Cloître Saint-Thégonnec qui héberge l’unique musée du loup aujourd’hui en France. Ce prédateur fascinant et effrayant vivait dans nos contrées il y a encore un siècle. Aujourd’hui, le musée raconte son histoire, ses mœurs, sa chasse, sa disparition, sa place dans la biodiversité, les enjeux de sa présence aujourd’hui en France.

http://www.museeduloup.fr/

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