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A la une, une prune,

A la 2, deux oeufs,

A la 3, trois noix,

A la 4, quatre patates, ...

L'histoire de la pomme de terre, Solanum tuberosum, commence avec celle des premiers hommes qui vivaient il y a plus de 10000 ans dans la zone côtière de l'actuel Pérou et au sud-ouest de l'Amérique du Sud.

Ces chasseurs-cueilleurs du néolithique ont doucement appris à la domestiquer et à traiter ses propriétés toxiques. Il y a 8000 ans, sur l'altiplano andin, dans la région du lac Titicaca, cette domestication a abouti à des pratiques rationnelles de culture et de conservation.

Au XVIe siècle, à l'arrivée des conquistadors lors de la colonisation espagnole des Amériques, la pomme de terre, avec le maïs, est à la base de l'alimentation de l'ensemble de l'empire Inca et des populations vivant dans les régions voisines. Dès leur découverte par les conquistadores, les tubercules vont naviguer avec eux vers les côtes de l'Europe à bord des galions, et les explorateurs du Nouveau Monde les débarqueront dans les ports d'Espagne puis ceux de l'Angleterre. De là, la pomme de terre partira à la conquête de l'Europe.

Objet de curiosité des botanistes et des rois, remède à certaines maladies pour les ecclésiastiques, elle ne fût pas tout de suite considérée comme pouvant servir à l'alimentation des humains. Dans le sud de l’Europe, elle va circuler de cours en couvents, d'Espagne en Italie puis vers l'Autriche, d’Angleterre vers l'Irlande et les Flandres, mais il faudra attendre le début du XVIIe siècle pour qu'elle commence à être sporadiquement cultivée.

Sa conquête du territoire européen va alors s'accélérer, poussée dans les campagnes par les famines et les guerres. Pour l'aider dans cette conquête, sa diversité allèlique naturelle va lui permettre de rapidement adapter son horloge circadienne aux saisons et aux climats des latitudes du vieux continent.

C'est le XVIIIe siècle qui verra dans tout le vieux continent, jusqu'aux confins de la Russie, naître un véritable engouement pour ce tubercule, facile à cultiver et à conserver, et qui va permettre à l’Europe d'espérer la fin des famines. La culture de la pomme de terre, en libérant le peuple des disettes, va renforcer les États, nourrir leurs soldats et accompagner leurs armées dans des conquêtes plus lointaines. Au XIXe siècle, la force et la stabilité alimentaire acquises grâce à la pomme de terre offriront aux empires coloniaux la possibilité de s'étendre et de dominer une grande partie du monde.

La pomme de terre va devenir le principal soutien de la révolution industrielle, offrant une nourriture économique aux ouvriers toujours plus nombreux à se presser dans les villes, au plus près des usines.

« Le fer était entré au service de l'homme, la dernière et la plus importante de toutes les matières premières qui jouèrent dans l'histoire un rôle révolutionnaire, la dernière ... jusqu'à la pomme de terre. » écrira Friedrich Engels en1884 dans L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État.

À la fin XXe siècle, la pomme de terre aura conquis la planète entière. Le Gouezou n’y aura pas échappé !

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Pour un grand plat qui régalera au moins 6 personnes

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1,5 kg de pommes de terre à chair ferme

2 cuillères à soupe d’huile d’olive

4 cuillères à soupe de moutarde à l’ancienne (pour ma part, une moutarde irlandaise affinée au whiskey)

Quelques branches de thym et de romarin du jardin

Quelques jeunes feuilles de sauge

Sel de Guérande

Poivre du moulin

 

Peler les pommes de terre, les laver et les couper en petits dés (plus les dés sont petits et plus rapidement cuira le plat).

Préchauffer le four à 180°.

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Dans un sac de plastique propre (qui a pu par exemple contenir des fruits et des légumes, ou dans un sachet spécial congélation), verser l’huile d’olive, la moutarde, les herbes fraîches dont on aura lavé, séché et haché au couteau très finement les feuilles et une belle pincée de sel, puis les dés de pommes de terre. Fermer le sachet et bien mélanger le contenu jusqu’à ce que les dés de pommes de terre soient recouverts du mélange parfumé.

Répartir le tout dans un grand plat allant au four. Utiliser de préférence un plat en tôle qui permettra d’obtenir des pommes de terre croustillantes à l’extérieur et fondante à l’intérieur. Couvrir de papier aluminium et enfourner.

 Au bout de 30 minutes, retirer l’aluminium et continuer la cuisson une demi-heure à trois quart d’heure. Vérifier l’évolution de la cuisson. Les pommes de terre doivent dorer et non pas brûler bien entendu. Si elles colorent trop, baisser la chaleur du four à 160°. Lorsqu’une lame de petit couteau d’office les transperce sans rencontrer de résistance à cœur, les pommes de terre sont cuites.

Servir avec une belle salade d’endives et des œufs brouillés.

A la une, une prune,

A la 2, deux oeufs,

A la 3, trois noix,

A la 4, quatre patates,

A la 5, cinq meringues.

A la 6, six saucisses,

A la 7, sept noisettes,

A la 8, huit pommes cuites,

A la 9, venez tous m’aidez,

Venez, venez

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