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Récemment préempté par le Musée d’Orsay lors d’une vente à Brest, « Le champ de blé d’or et de sarrasin » est une toile inédite de Sérusier, ensoleillée et colorée.

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Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la Bretagne devient le port d'attache d'artistes désireux de chambouler les théories artistiques. Découvrant Pont-Aven l'été 1888, Paul Sérusier se rapproche d'Émile Bernard et, surtout, de Paul Gauguin qui lui donne une leçon en plein air au bois d'Amour. Sous la direction de son aîné, le jeune artiste peint un paysage simplifié. Tournant le dos aux canons classiques, l'œuvre appelée Talisman prend immédiatement valeur de message et d'exemple à suivre. Étape essentielle de l'art moderne, elle manifeste une peinture pure, autonome et abstraite. Sérusier va servir de médiateur entre le groupe de Pont-Aven et celui des nabis, formé à Paris. S'émancipant vite de la leçon de Gauguin, il réalisera, vers 1892-1894, des tableaux qui touchent à la quintessence du synthétisme. Ses tableaux traduisent une aspiration vers une plus grande austérité, parfaitement incarnée dans la terre bretonne. Tout le rattache à cette région, qu'il considère comme sa « vraie patrie». N'y est-il pas «né en esprit» ? Dans ses portraits, Sérusier s'attarde sur le costume armoricain, jugé «idéal» car intemporel. Quant à ses paysages, ils transcrivent plus particulièrement les environs de Châteauneuf-du-Faou, les vallons verdoyants, les collines mystérieuses et l'omniprésence de l'eau vive.

Vers 1899, Paul Sérusier représente plus particulièrement des champs de blé, comme La Moisson. L'alternance des couleurs et la superposition des registres y remplacent la perspective académique traditionnelle. Appartenant à cette veine, cette toile provient initialement d'une collection particulière. Des bleuets, des pavots, des coquelicots, des cœurs de marie chargés de symboles chrétiens, rappellent les tapisseries millefleurs tissées à l'époque gothique sans souci de perspective. Ces fleurs sauvages, placées au premier plan, font ressortir les nuances du blé et du sarrasin prêts à être coupés. Créant des accords de jaune, vert, bleu et rouge, Sérusier inonde la composition de flamboyances, la dotant d'une intense vibration lumineuse. Sans céder à la tentation du flou, la toile est travaillée en touches fermes et solides pour mieux restituer les sensations de l'instantané. Une excellente récolte à l'horizon…

Une fois le blé fauché, il faut le moudre : c’est alors que commence le travail de la meunière du Milin Lansolot à Saint-Derrien… pour pouvoir réaliser ces délicieux cheesecakes au blé noir, au chèvre et aux tomates-cerises rôtis et au miel de sarrasin.

Tout sur le sarrasin sur http://blenoir.blogspot.fr/

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Pour 4 cheesecakes  

200 g de sablés au blé noir et tome Kleuzic (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/06/09/30036905.html)

100 g de beurre demi-sel cru et bio

200 g de fromage de chèvre frais

100 g de crème fraîche crue

Quelques branches de thym frais

2 gros œufs du poulailler

Poivre du moulin

250 g de tomates cerises rôties au four (avec un filet d’huile d’olive et de vinaigre balsamique, une pincée de sucre de canne complet et de fleur de sel de Guérande)

Miel de sarrasin

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Tout d’abord faire rôtir au four les tomates pendant 20 mn sur 160°. Réserver.

Piler les sablés et amalgamer ce sable grossier avec le beurre fondu.

Répartir la pâte dans des cercles individuels ou dans des petits plats (ou encore dans un grand cercle ou un grand plat pour une version à partager). Bien tasser en formant un léger creux. Placer au réfrigérateur un petit quart d’heure.

Préchauffer le four sur 180°, chaleur tournante.

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Dans une jatte, assouplir à la fourchette le fromage de chèvre puis ajouter la crème fraîche, le poivre, les feuilles de thym et les œufs. Bien mélanger.

Sortir les cercles du réfrigérateur. Déposer quelques tomates rôties sur le fond (en conserver quelques-unes pour la déco) et recouvrir du mélange de fromage de chèvre, d’œufs et de crème. Enfourner pour 30 mn.

Sortir du four et laisser tiédir ou refroidir. A l’aide d’un couteau, démouler les cheesecakes directement dans les assiettes (il vaut mieux éviter de les manipuler) [ou dans un plat de service pour la version à partager]. Décorer des quelques tomates-cerises rôties restant et ajouter un filet de miel de sarrasin avant de servir avec une jolie salade verte bien craquante. Se mange donc tiède le jour même ou froid le lendemain… En pique-nique gourmand si on prend son temps…