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Ce qui caractérise l'attente, c'est la tension de notre être vers un avenir qui nous met dans un état de doute, de désir, de crainte, d'impatience, de colère et d'ennui. Ainsi, pour Nicolas Grimaldi, dans son Traité des Solitudes, « l’attente est manière de s’expatrier du présent en le disqualifiant : parce que le propre de l’attente est d’être uniquement attentive à ce qu’elle cherche et jamais à ce qu’elle trouve, parce que le présent est par définition vide de ce qu’on attend, l’attente le considère généralement comme aussi peu que rien.» Aussi celui qui attend est frustré puisqu'il est dans l'incertitude de trouver ce qu'il attend dans l'instant présent. Ce qui nous amène à faire l'éloge de la patience. Etre patient c'est savoir attendre avec calme en gardant à l'esprit que l'on ne peut rien faire d'autre et en donnant du temps au temps : "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage". La patience permet d'appréhender le temps qui passe avec plaisir... et d'attendre avec sérénité l'arrivée définitive du printemps, du soleil et de la douceur.
Autant cultiver attente et patience avec cette tarte au chocolat très breizh, redoutable petite lichouserie, et qui permet d’invoquer le soleil à l’aide des incontournables de la cuisine bretonne (blé noir, beurre et caramel au beurre salé) auxquels on adjoindra un joli chocolat amer. Irrésistible. C’est sûr, le soleil n’y résistera pas ! Patience, vous dit-on!

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Pour une tarte d’environ 20cm de diamètre et 4 à 6 lichous impatients :

Pour la pâte au blé noir

200 g de farine de blé noir complète de Milin Lansolot sur Saint-Derrien

120 g de beurre demi-sel bio et cru de vache froment du Léon de la Ferme Keriven Armor sur Taulé

70 g de sucre glace

70 g de poudre de noisettes

1 petit œuf du poulailler

 

Pour la garniture

Un petit pot de caramel au beurre salé (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2013/10/13/28204543.html )

200 g de chocolat amer à 70% de cacao (au moins)

50 g de miel de sarrasin

250 g de crème bio et crue de vache bretonne pie noir de la Ferme du Kleuz

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Assembler les différents ingrédients de la pâte à tarte dans le bol du robot-pâtissier. Lorsque la pâte forme une boule, la déposer entre deux feuilles de papier sulfurisé et la placer dans le réfrigérateur pendant au moins deux heures (on peut évidemment réaliser cette étape la veille).

Au bout de ce temps, sortir la pâte, l’abaisser à la taille du moule sur une épaisseur d’environ 0.5cm, toujours entre les deux feuilles de papier, et foncer le moule ou le cercle sur une plaque à pâtisserie munie d’une des feuilles de papier cuisson. Réserver environ une demi-heure au réfrigérateur.

Préchauffer le four sur 190°, chaleur tournante. Avant d’enfourner, garnir la pâte d’une feuille de papier sulfurisé garnie de petits galets ou de haricots secs. Cuire à blanc donc pendant 25 à 30 mn. Sortir du four, laisser tiédir, ôter le papier et les galets ou haricots, décercler et laisser refroidir sur une grille.

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Recouvrir le fond de tarte d’une couche de caramel au beurre salé.

Préparer la ganache en faisant fondre au bain-marie le chocolat, la crème, le beurre et le miel. Mélanger précautionneusement à l’aide d’une maryse jusqu’à l’obtention d’une ganache bien brillante. Recouvrir le caramel de ce chocolat jusqu’au bord du fond de tarte. Laisser refroidir et prendre sur une grille au frais mais pas au réfrigérateur.

Se déguste les yeux mi-clos…