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Une naissance, c’est toujours une fête ! Mais lorsqu’elle est en plus annonciatrice du printemps, c’est un vrai bonheur ! A quelques jours de la fête du Têt, qui nous fait entrer dans l’année du mouton (ou de la chèvre), Marmouz, le maout, et Biniouz, la brebis, couple de moutons d’Ouessant du Gouezou, viennent de donner naissance à une agnelle, d’un noir de jais, haute comme trois pommes, et  qui affiche une forme olympique entre deux averses de pluies et de grêle.

De longue date, les voyageurs, marins ou pêcheurs ont eu leur attention attirée par ces moutons, les plus petits du monde, broutant au bord des grèves tout au long des côtes d'Ouessant.

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Dès 1754, les moutons d'Ouessant sont signalés comme étant excellents mais de très petite taille.

En 1899, ces ovins sont décrits de la façon suivante : "Une épaisse toison les recouvre, sorte de crin imperméable à la pluie, qui les fait paraître, non tondus, d'une grosseur raisonnable. Mais quand les ciseaux ont passé sur eux il ne reste plus que des bêtes au-dessous de la taille d'un chien. Deux personnes mangent facilement un de leurs gigots dont la chair est très savoureuse. De très petite taille, d'une race particulière à l'île, ils ont de grandes cornes enroulées comme les cornes des mouflons".

En 1852, on recense 6000 moutons sur les 1562 hectares de l'île. Les ruminants étaient marqués à l'oreille par des entailles (en 1970, 510 marques étaient déposées à la mairie).

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Aujourd’hui sauvés de justesse de l’oubli après leur quasi disparition dans les années soixante-dix, les moutons d’Ouessant, rustiques, petits et têtus comme il se doit participent activement au tondage écologique et à l’entretien des pâtures chez les particuliers. L’espèce est par ailleurs facile à contenir, la brebis mettant bas une fois l’an avec une régularité de métronome et sans aide un seul agneau après une gestation tranquille de quelques mois…

Mais comment fêter dignement cette naissance ? En confectionnant une petite salade de krampouez mouzig, cueillies sur les bâtisses du Gouezou et qu’on pourra partager avec les heureux parents de Roz-Kamm…

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), joliment dénommé krampouez mouzig en breton, est une espèce de plantes succulentes vivaces et saxicole de la famille des Crassulacées du genre Umbilicus.

Le nom scientifique d'Umbilicus vient de la forme arrondie et peltée de ses feuilles, qui possèdent une dépression en forme de nombril au centre du limbe.

Les feuilles sont comestibles, elles sont tendres, croquantes et rafraîchissantes –un peu comme l’endive. On les trouve poussant dans les interstices des murs, murets et ruines. Mieux vaut cueillir celles qui poussent en hauteur et en retrait (pour éviter les diverses pollutions et déjections). Il suffit alors de les rincer à l’eau fraîche, de les sécher et de les assaisonner…

Un délice tout simple qui accompagne par exemple un plateau de fromages de brebis –bien entendu !-, des tartines de rillettes de porc blanc de l’Ouest cuisinée au jus de pomme ou encore des tartines chaudes à l'andouille grillée (c'est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/04/21/29707368.html )…

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Pour 4 à 6 convives invités à fêter la naissance de Roz-Kamm

250 gr de feuilles de krampouez-mouzig / nombrils de Vénus fraîchement cueillies

Une belle dose d'une vinaigrette: 2 cuillères à soupe de jus de pomme, 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre, 6 cuillères à soupe d'huile, poivre du moulin et fleur de sel de Guérande.

Laver soigneusement les feuilles et les essorer.

Assaisonner avec la vinaigrette et parsemer de quelques petites fleurs: violette, pensée, sauge. Pour la couleur comme pour la gourmandise!

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