SAM_1457

Si d’aucuns -géographes chafouins- ont contesté en leur temps au mont Saint-Michel son statut de point culminant de la Bretagne au motif –fort obscur- que les 391 mètres revendiqués incluaient le clocher de la chapelle éponyme, il ne reste pas moins que cet ornement d’origine religieuse est ancré dans son sol et gravé dans le paysage, que la chapelle, plantée comme un amer, guide toutes les routes sinueuses à travers des landes, tourbières et montagnes noires usées … Donc, le mont Saint-Michel est bien le point culminant de la Bretagne. Quod erat demonstrandum…

SAM_1604SAM_1605

Certes, la victoire est modeste car, ici, point de neiges éternelles, de pics acérés déchirant les nuages, l’oxygène ne s’y raréfie pas au fur et à mesure qu’on gravit les escaliers gravés dans la lande roussie de fougères, de bruyères, de myrtilles et d’ajoncs aux fragrances vanillées… Mais une fois arrivé sur ce vénérable sommet, on embrasse sur 360° la géographie et l’histoire finistériennes : crêtes des montagnes noires, lits de rivières et fleuves côtiers poissonneux, landes rases et austère, riche bocage, tourbières et marais, épaisses forêts de feuillus, hameaux épars, et, au bout de ce monde, fond de la rade de Brest et de la baie de Morlaix…

SAM_1593SAM_1597

A force d'être extrême, cette terre est devenue magique. A la lisière de l'irréel, là où les légendes s'écrivent dans le paysage et prennent corps dans la pierre, c'est le royaume de l'imaginaire, le pays des loups, le domaine de l'Ankou.

SAM_1590SAM_1592

Au fond de l'immense cirque de landes dominé par les hauteurs du Roch Trévézel et du Mont-Saint-Michel, le lac de Brennilis a noyé voilà près de quatre-vingts ans les tourbières du Youdic. Il n'y avait là qu'une mare d'eau stagnante avant la construction du barrage de Nestavel. Une mare sans fond, l'une des portes de l'Enfer. C'est dans ces eaux mystérieuses que, selon les légendes de la Mort, les prêtres exorcistes précipitaient les chiens noirs dans lesquels ils avaient enfermé les démons hantant l'âme des possédés; ces défunts refusés aux portes du paradis et revenus sur terre tracassèrent les vivants.

SAM_1595SAM_1591

De retour cette balade aux allures de voyage initiatique en compagnie de Jeanne, Thomas et Louise mais aussi Fred et Flora, partager un petit verre de lambig ou de jus de pomme du Gouezou, en picorant des petits muffins au blé noir, à la courgette, à la féta et à la sauge.

 

Pour 16 petites muffins

400 g de courgettes jaunes bio de Biodivy (marché de Sizun)

2 oignons verts nouveaux bio de Biodivy (marché de Sizun)

16 petites tomates cerises bio de Biodivy (marché de Sizun)

2 gros œufs du poulailler

150 gr de féta bio

4 cuillères à soupe bombées de flocons de blé noir bio (sarrasin) (en magasin bio)

Un bouquet de sauges du jardin en mélange (sauge officinale, sauge pourpre, sauge ananas)

Sel de Guérande

Poivre noir du Kérala

 SAM_1448SAM_1461

Laver les courgettes et couper les extrémités avant de les râper à l’aide d’une râpe à gros trous. Emincer finement les oignons verts entiers.

Dans une sauteuse et un filet d’huile d’olive, faire revenir les courgettes râpées et les oignons émincés. Les légumes ne doivent pas cuire mais perdre leur eau de végétation. Verser le tout dans une passoire pour éliminer l’excédent d’eau. Réserver et laisser perdre la grosse chaleur le temps de préparer l’appareil à muffins.

Préchauffer le four sur 200°, chaleur tournante.

SAM_1459SAM_1463

Dans une jatte, fouetter les œufs entiers, puis ajouter la sauge lavée, essorée et ciselée très finement. Ajouter alors les flocons de blé noir et la féta émiettée. Bien mélanger à la cuillère en bois puis ajouter les légumes égouttés. Mélanger à nouveau de façon à obtenir une pâte homogène. Saler très légèrement, poivrer.

Verser dans des moules à muffins (en silicone par exemple), déposer dans chaque moule une petite tomate cerise, l’enfoncer à moitié puis enfourner pour 25 mn. Surveiller la couleur des muffins qui doivent dorer.

Laisser tiédir avant de démouler sur grille et servir, tiède ou froid.