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Alors que des vagues caniculaires se succèdent à l'étranger, asséchant les territoires et desséchant hommes et bêtes, comment expliquer cette palette infinie de verts du bocage breton? Ces floraisons joyeuses, multicolores et luxuriantes, brassées de roses, d'hydrangeas, d'agapanthes, d'anémones du Japon, de nigelles de Damas, de glaïeuls, de fuchsias, de crocosmias, de géraniums et de pélargoniums?

Peut-être par ces délicates nuances de gris au-dessus de nos têtes?

L’été fait donc une petite pause… Ciel bas, palette de gris et volutes de nuages, bruine persistante et flore pétillante et rayonnante. Il est urgent d’attendre le beau temps et de consacrer ces jours humides à rattraper quelques lectures en dégustant deux tiramisu 100% monts d’Arrée –fraises de Sizun, fromage blanc de Plouneour Menez et œuf du Gouezou… En lisant L’Homnivore de Claude Fischler ou Le goût et les mots de Philippe Gillet. Deux ouvrages pour deux versions de tiramisu : biscuits et chouchenn ou fraises au basilic ? Pourquoi diable choisir ?

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Pour 2 tiramisu fraises et chouchenn et 2 tiramisu fraises et basilic

1 gros œuf

25g de sucre glace

30g de sucre semoule

Un pot de fromage blanc au lait entier de vache Bretonne pie noir de la Ferme du Kleuz (Plouneour Menez)

Une généreuse pincée de graines de vanille Bourbon

250 gr de fraises de Biodivy (marché de Sizun)

2 petits verres de chouchenn demi-sec (70 ml environ)

1/2 citron jaune bio

Deux branches de basilic thaï du jardin

4 biscuits à la cuillère

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Placer la veille le fromage blanc dans une passoire pour le laisser s’égoutter au frais. On cherche à obtenir environ 250 gr de fromage blanc assez déshydraté (avec la consistance du mascarpone, évidemment).

Le jour J, passer rapidement les fraises équeutées sous l’eau fraîche et les laisser tranquillement s’égoutter complètement.

Mettre le blanc d'œuf dans un bol avec le sucre glace et le monter en neige assez ferme.

Placer dans une autre jatte le jaune d’œuf avec le sucre semoule et blanchir le plus possible le jaune avec le sucre et la vanille.

Ajouter le fromage blanc égoutté et fouetter le tout pendant environ cinq minutes.

Ajouter le blanc monté en neige et l’incorporer très délicatement avec une maryse.

La base est prête pour les deux tiramisus. Il suffit maintenant de les monter…

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Pour les tiramisus fraises et chouchen :

Verser le chouchenn dans une assiette creuse puis y tremper rapidement les biscuits à la cuillère.

Placer des morceaux de biscuits imbibés dans le fond de deux verrines ou ramequins. Placer quelques fraises coupées en dés puis recouvrir d’une première couche de fraises. Placer ensuite des demi-fraises sur tout le pourtour des verrines et combler le centre avec des biscuits imbibés de chouchenn. Terminer par une couche de crème et lisser à la spatule. Réfrigérer jusqu’au moment de servir.

 

Pour les tiramisus fraises et basilic thaï :

Réaliser avec les fraises restantes (en garder quelques-unes entières éventuellement pour la touche finale des quatre verrines) une petite salade en les détaillant en dés. Ajouter le zeste très finement râpé du citron ainsi que le jus et enfin, les feuilles de basilic très finement émincées. Bien remuer. Au fond des deux verrines restantes, disposer une première couche de salade de fraises sur des biscuits émiettés. Recouvrir d’une première couche de crème, puis de biscuit émietté et de salade de fraises ; Terminer avec la crème, lisser à la spatule et réfrigérer.

 

Au moment de servir, éventuellement, décorer avec quelques fraises quelques brins de menthe et de basilic.

Plonger une cuillère gourmande d’une main en lisant de l’autre l’un ou l’autre des ouvrages… « Ce qui était bon, c’était la fragile osmose entre la vieille dame aux yeux gourmands, son désir satisfait, le chef et sa brigade en cuisine, le service, les milliers d’efforts qui avaient amené à maturité les produits bruts, à la ferme, à la cave ou aux champs, et bien sûr dans des usines aussi peu gastronomiques que possible. Alors comment décrire ce processus à  l’aide de notations physiologiques, de langue palpante et de salive liante ? Une telle évocation, comme toute description d’un acte sensuel, réclame, ou plus exactement mérite, autrement plus d’imagination littéraire. » (Phillipe Gillet, Le Goût et les Mots).