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Dans ar Bleiz ou dans an ours, dans Sizun ou gavotte des montagnes, jabadao, pach pi et rond de Molène… Pas un week-end sans un fest-noz quelque part, dans les monts d’Arrée ou ailleurs.

Le fest-noz (fête de nuit, par opposition à son alter ego en journée, le fest-deiz ou fête de jour) est une réjouissante incongruité: dans une grande économie de moyens –car il peut se dérouler en plein air, dans une salle modeste ou dans un Château-, il peut s’improviser avec un simple accompagnement vocal ou se construire avec des formations à géométrie variable, être sonorisé ou pas, être planétaire avec le cyber fest-noz depuis 1999 ou très local comm celui du tantad de Saint-Cadou fin juin. On y rencontre une musique vivante, traditionnelle et patrimoniale ou contemporaine et revisitée, des danseurs savants ou néophytes –la bonne volonté et le mimétisme peuvent suffire- ; on peut entrer dans la danse et en sortir à l’envi ; on y brûle quelques kilocalories et on y exsude abondamment, ce qui justifie qu’on y mange crêpes et galettes et qu’on écluse en quantité jus de pomme et cidre ; on s’y touche aussi, dans un monde où les distances sociales diabolisent et prohibent les contacts ; on danse côte à côte, se tenant le doigt, la main, le bras, dans un rafraîchissant mélange de genres et de générations…

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Ces bals populaires bretons ont connu des fortunes diverses. Ils ont en effet été réinventés dans les années cinquante dans le centre Bretagne, dans le but de ressusciter les rassemblements festifs de la société paysanne qui ponctuaient les journées de travaux collectifs et qui avaient disparu dans les années trente. Après une décennie particulièrement vivante dans les années soixante-dix, un certain recul dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, on assiste aujourd’hui à un nouvel engouement, par-delà les frontières bretonnes stricto sensu grâce à une diaspora particulièrement dynamique et viscéralement attachée à une certaine bretonnitude. Jusqu’à une consécration, le 5 décembre 2012, qui a vu l’inscription du fest noz au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO…

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L’appel à la danse va résonner à nouveau au Château de Kerjean samedi prochain. Au programme, la quintessence de la musique traditionnelle bretonne avec une sélection des meilleurs chanteurs et sonneurs de Bretagne. Plusieurs centaines de danseurs sont attendus pour faire chauffer le plancher dans la cour illuminée du Château. Vos jambes vous démangent déjà ? Un évènement incontournable, pas la peine de résister !

Et avant d’y user baskets ou souliers vernis jusqu’au bout d’une nuit somme toute assez sportive, un repas de champion s’impose. Après un petit crochet non loin, au moulin Siohan de Coat Merret à Lanhouarneau, céder à la tentation d’un far au blé noir très complet, saucisse de Molène, oignons rosés et chèvre affiné…

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Pour 2 danseurs :

150 gr de farine de blé noir complète du Moulin Siohan de Coat Merret (Lanhouarneau)

1 gros œuf du poulailler

¼ de litre de lait ribot

¼ de litre d’eau de source

5 gr de sel de Guérande

50 gr de beurre bio et cru

500 gr d’oignons rosés nouveaux de Biodivy (marché de Sizun)

Une cuillère à soupe de miel de blé noir

½ brique de chèvre affiné (environ 100 gr) des Chèvres Folles d’Emmanuelle (marché de Sizun)

2 saucisses de Molène des Chèvres Folles d’Emmanuelle

Une branche de romarin frais

Deux feuilles de laurier fraîches

Poivre du moulin

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Préchauffer le four sur 200°.

Eplucher et émincer les oignons. Glisser dans le four un plat en terre dans lequel on aura déposé le beurre. Lorsque le beurre a fondu et a pris une jolie couleur et un parfum de noisette, ajouter les oignons. Bien enrober les oignons dans le beurre noisette, poivrer, arroser d’un filet de miel et enfourner pour un petit quart d’heure. Cela permet de précuire les oignons, de leur faire perdre un peu de leur eau de végétation et de les caraméliser légèrement.

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Pendant ce temps, précuire pendant une dizaine de minutes les saucisses de Molène dans une casserole d’eau bouillante avec le romarin et le laurier. Sortir les saucisses de l’eau et les laisser s’égoutter et perdre un peu de chaleur. Les détailler en tranches d’un centimètre d’épaisseur environ.  Détailler le fromage de chèvre en petits dés.

Mélanger intimement la farine, l’œuf, le sel. Délayer avec le lait ribot et l’eau. Laisser reposer la pâte.

Sortir le plat du four et déposer sur le lit d’oignons caramélisés les saucisses tranchées et le fromage. Verser alors la pâte à far. Enfourner et laisser cuire 40 mn.

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Servir en plat unique avec une salade verte croquante et, par exemple, des pommes poêlées dans une noisette de beurre. En fin de cuisson à feu doux à moyen, lorsque les pommes sont tendres et légèrement caramélisées, saupoudrer d’un voile de poivre noir fraîchement moulu et de fleur de sel de Guérande.

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On peut également, pour une version gourmande, servir dans une petite coupelle, un peu de chutney d’échalote, pomme et vinaigre de cidre. Pour le réaliser, faire fondre dans une noisette de beurre les échalotes ciselées puis, lorsqu’elles ont fondu, ajouter les pommes épluchées et coupées en petits dés, la cannelle et la noix de muscade. Saupoudrer du sucre et laisser compoter puis caraméliser légèrement. Un maximum d’humidité doit s’être évaporé. Déglacer avec le vinaigre de cidre et laisser réduire à nouveau jusqu’à obtenir une compote ambrée et parfumée. Ce chutney peut se conserver en bocal et être servi avec une viande froide, un pâté ou un hamburger ou encore garnir une crêpe de blé noir.

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