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Quitter le quai 9 ¾ du port du Bloscon à Roscoff au petit matin, glisser le long d’un géant blanc, à quai entre deux traversées de la Manche, laisser à bâbord l’île de Batz qui s’éveille, couper le moteur, puis, dans un silence bruissant, le nez au vent, hisser la grand ’voile, le foc puis la trinquette. Les effets conjugués des courants de la Penzé, de la marée descendante et d’un vent d’ouest soutenu génèrent une houle désordonnée et mutine. Jouer à saute-moutons à bord d’Amzer’Zo avec Eric, le patron, à la barre. Et filer sur la houle, une nuée de goélands et de cormorans, tribord amure.

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Cap à l’est. Amzer’Zo lance lourdement sa généreuse silhouette de côtre à corne à l’assaut des vagues de la baie de Morlaix. On contourne l’île Callot, ainsi qu’une myriade d’îlots jetés comme autant de billes et de callots jetés dans l’eau par un géant facétieux… Ile Verte, Pierre Jaune. Ile Blanche, Ile Noire. Le Corbeau, le Cochon, puis le Taureau…  On rentre en rade de Morlaix, au calme des parcs ostréicoles, dans le ballet des plates et des barges des paysans de la mer, au pied du Cairn de Barnenez, le plus ancien site funéraire d’Europe.

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Croiser la barge de L’Huîtrier qui rentre au Dourduff avec huîtres et moules qu’on retrouvera samedi au marché de Morlaix. Pique-nique au mouillage : houmous de petits pois et fromage de chèvre sur de jolies tartines, cake au blé noir, andouille, tomates séchées et courgettes, et un far au caramel beurre salé. Trois petits tours en rade et puis s’en va jouer sur la baie, côté Trégor. Roches Jaunes, Pierres Noires, puis l’Ile du Port Blanc.

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Au loin, la Pointe du Diben. Enfin, vent arrière, retour vers la généreuse Ile de Bats, plein ouest. Mouiller au port Kernok à l’île de Batz et partager des moules de L’Huîtrier aux oignons rosés de Roscoff, à la tomate et au pimenton. Les bouteilles de Muscadet-sur-lie rafraîchissent dans un seau à l’aplomb de la coque verte et bleue. Jeter au fur et à mesure les coquilles dans la l’onde. Se lécher les doigts. Demain sera un autre jour…

http://www.amzerzo.fr

http://www.lhuitrier.fr/

 

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Pour 6 hardis navigateurs, l’estomac dans les talons :

4 litres de moules (ou plus !)

1 Kg d’oignons rosés de Roscoff

1 Kg de grosses tomates très mûres

500 gr de poivrons rouges, jaunes et orange

4 gousses d’ail rose de Lautrec

Quelques branches de thym du jardin

Un petit pot de tomates séchées confites à l’huile d’olive ( http://gouezou.canalblog.com/archives/2015/08/13/32481403.html )

 

Un bouquet d’herbes aromatiques en mélange (persil plat, ciboulette, …)

1 cuillère à soupe de pimenton piquant (poivron et piment séchés et fumés en poudre, c’est l’épice du chorizo espagnol)

 

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Nettoyer les moules: les gratter au couteau et retirer le byssus (les filaments avec lesquels ce mollusque bivalve s’accroche aux rochers et au bouchot. Eliminer sans pitié toutes les moules ouvertes, impropres à la consommation.

Dans un très grand faitout et dans deux à trois généreuses cuillères à soupe d’huile d’olive, faire revenir les oignons épluchées et émincés. Ajouter le pimenton, bien mélanger. Peler et épépiner les tomates. Détailler les poivrons épépinés en lanières. Concasser les tomates au couteau et les ajouter aux oignons légèrement dorés. Laisser compoter, puis ajouter les poivrons. Laisser cuire à feu doux jusqu’à quasi-totale évaporation de l’eau de végétation (les moules détendront la sauce de leur eau. Inutile de saler, les moules s’en chargeront !). Cette première opération consistant à préparer la base de la sauce peut être réalisée la veille. Histoire de gagner du temps le jour et de profiter donc ainsi pleinement de cette journée en mer.

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Quelques temps avant de passer à table, réchauffer la sauce à petits bouillons : jeter les moules et bien remuer sur feu vif pour enrober toutes les  moules de sauce. Couvrir. Au bout de quelques minutes, lorsque les moules sont (presque) toutes ouvertes, c’est cuit ! Ajouter alors quelques tomates confites à l'huile d'olive concassées au couteau et l'ail pilé au mortier. Bien remuer à nouveau. Il suffit alors de retirer du feu, toujours à couvert. Ne consommer bien entendu que les moules qui se sont ouvertes lors de la cuisson.

Accompagner ces moules piquantes de pommes de terre nouvelles cuites à l’eau de mer… Ou de grosses frites. Et d’un bon Muscadet-sur-Lie très frais pour éteindre l’incendie. Manger avec les doigts, c’est plus rigolo !