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Il était une fois un catamaran né dans les Monts d’Arrée. Grand Pha a déployé sa toile puis s’est envolé loin des Montagnes Noires. Cap à l’Ouest. Avec à son bord Marie-Hélène et Bertrand, ses aventuriers géniteurs, le trio a commencé à tisser des liens, à nouer des fils, à entretenir des attaches au fil des rencontres et des amitiés, bord à bord.

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Ancre mouillée au Panama -dont on fête aujourd'hui les 101 ans de l'inauguration du canal éponyme- et rencontre avec une communauté amérindienne particulière, les Kunas, eux-mêmes ancrés dans des îles que notre regard occidental qualifiera de paradisiaque : soleil vissé, eaux turquoise, chaleur fidèle, noix de coco et langoustes… Et surtout, une particularité, un savoir couturier qui confine à l’art, les molas.

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Alors que les hommes Kunas s'habillent à l’occidentale, les femmes portent des robes colorées et des Molas traditionnelles. Ces somptueux tissus colorés sont de véritables chefs-d'œuvre fabriqués par les femmes, un art traditionnel amérindien vieux d’un siècle. Ces étoffes de tissus colorées qui décorent les costumes traditionnels représentent les peintures qu'elles se dessinaient jadis sur le corps, avant que la pudibonderie européenne y mette un holà hypocrite magnifiquement contourné par ces dames (joli pied de nez, il faut bien l’avouer). Aujourd’hui la qualité esthétique des étoffes résulte de subtiles techniques d’appliqué/appliqué inversé et de broderies. Dans des couches superposées de tissus fins colorés, les femmes découpent des lèvres pour faire apparaître la couche de tissu du dessous, et cousent l’ensemble de tout petits points créant des « panneaux » rectangulaires destinés à orner l’avant et l’arrière de leurs blouses traditionnelles.

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Les motifs dépendent de l’inventivité créatrice des femmes kuna qui relatent de manière subtile la réalité de leur quotidien et l’univers dans lequel elles vivent : un univers où faune, flore et habitat ne sont qu’un, où la vie coule en suivant les cadences des femmes qui bercent leurs enfants, de l’aiguille qui coud fébrilement, du mouvement régulier des pagaies sur l’eau, de la danse à laquelle se livrent ceux ou celles qui pressent les cannes à sucre. La fabrique d'une authentique mola peut prendre deux à quatre semaines.

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Marie-Hélène a ramené dans les cales de Grand-Pha de très belles pièces de molas qu’elle offre, de retour à Sizun, aux regards de tous à la bibliothèque de Sizun au fil d’une exposition qui déroule ses trésors d’étoffes jusqu’au début du mois de septembre. Pour nous donc, un très beau voyage immobile. Et une chouette rencontre avec Marie-Hélène pour un très chaleureux partage.

C’est donc encore une belle histoire –et beaucoup d’autres- qu’on partagera sur Grand Pha avec Marie-Hélène et Bertand, circumnavigateurs sizuniens, autour d’un petit verre de rhum et d'une jolie timbale de ceviche aux langoustines fraîchissimes marinées au citron vert avec du piment et une fine julienne d’oignons, suivi de confortables empanadas au poulet, aux oignons et au piment, très parfumées à dévorer avec des crudités…

Levons l'ancre, moussaillon! Cap sur l'Australie!

Visite gratuite aux heures d'ouverture de la bibliothèque de Sizun, le lundi, le mercredi et le samedi. Entrée libre.

http://blog.mailasail.com/grandpha

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Pour 4 voyageurs un peu rêveurs…

700g de cuisses de poulet de La Ferme de la Vallée

4 oignons rosés de Biodivy (évidemment)

2 gousses d’ail de Biodivy

80g de saindoux

Une poignée d’olives noires et/ou vertes  bio dénoyautées

Sel de Guérande

Poivre noir

Cumin en poudre

Un petit piment rouge charnu de La Ferme de la Vallée

Origan frais du jardin

50g de raisins secs bio

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Pour la pâte :

Pâte à pain (500 gr de farine, 270 gr d’eau, un sachet de levure de boulangerie, 10 gr de sel)

Ou de la pâte brisée bio pur beurre  faite maison (ou environ 4 rouleaux de pâte déjà abaissée)

Un œuf du poulailler pour la dorure

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Désosser les cuisses de poulet et hacher la chair grossièrement au couteau.

Placer les raisins secs dans un bol d’eau bien chaude pour les réhydrater.

Eplucher les oignons et les couper en dés.

Dans une sauteuse, faire revenir les oignons dans une belle cuillère à soupe de saindoux. Lorsque les oignons se sont un peu attendris et ont commencé à dorer légèrement, ajouter alors le poulet, les gousses d’ail pilées, le piment haché, une cuillère à soupe de cumin, le poivre et le sel.

Bien mélanger et laisser mijoter jusqu’à ce que légumes et viande aient rendu un maximum d’eau.

Ôter du feu et réserver pour laisser refroidir. Ajouter alors les raisins et les olives égouttés.

La farce doit être moelleuse et parfumée. Goûter pour ajuster l’assaisonnement.

Fleurer le plan de travail et abaisser la pâte (à pain ou brisée) avec un rouleau à pâtisserie sur une épaisseur de moins de 2mm. Prélever alors des disques d’environ 20 cm de diamètre et les déposer sur une plaque à pâtisserie recouverte d’une feuille de papier cuisson. On cherche à obtenir 8 disques (deux empanadas par personne).

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Au centre de chaque disque, placer deux cuillerées à soupe pleine de farce puis rabattre la pâte à 1,5cm du bord inférieur. Souder en pressant légèrement avec un doigt trempé dans de l'eau. Puis rabattre progressivement la pâte petit à petit par petits plis. Souder ensuite la jointure à l’aide des dents d’une fourchette.

Préchauffer le four à 200°C.

Passer un coup de pinceau trempé dans de l'œuf battu sur la surface des empanadas. Enfourner à 200°C et laisser cuire 20 minutes.

Se partage à bord de Grand-Pha avec Marie-Hélène et Bertrand en écoutant leurs récits de voyage au bout de monde… et au-delà.