SAM_3186

Dans le Léon, au nord du Finistère, le lin était blanchi en écheveaux de fil, alors que partout en Bretagne et ailleurs, on blanchissait la toile. Cette particularité s'est traduite par la construction d'édifices spécifiques : les « maisons buandières » ou « kanndi » en breton (de kanna, blanchir, et ti, maison).

SAM_3149

Ces buanderies ont été édifiées dans la campagne par les paysans qui s'affairaient aux diverses étapes nécessaires pour passer de la graine de lin à la toile. Leur propriété était souvent commune à plusieurs familles. Leur implantation est proche d'un ruisseau ou d'une source comme celui de Rozonoual au bord du lac du Drennec sur Commana.

Un « kanndi » se présente sous la forme d'une petite bâtisse, couverte de chaume ou d'ardoises, de plan rectangulaire (4 à 5 mètres de large et 4 à 13 mètres de longueur). Les matériaux utilisés sont locaux : schiste à Saint-Urbain et au Tréhou, granite à Plouédern et Ploudriry, suivant l'environnement. Des pierres de taille peuvent être employées pour les encadrements d'ouvertures. À l'intérieur le sol est dallé ou pavé.

SAM_3152

Le bâtiment comporte un bassin (aussi appelé « douet ») ceint de dalles de schiste monolithes, même si la construction est en granite. Située le long d'un pignon, il est alimenté en eau courante par un ruisseau qui le traverse : il servait à rincer le fil après le blanchiment. Deux à trois dalles de schiste sont placées en travers du bassin et servaient à égoutter les écheveaux.

Une cheminée ou un simple âtre permettait de chauffer l'eau indispensable au blanchiment du lin, tout en apportant un peu de chaleur.

Après le blanchiment dans la cuve et l'essorage, le blanchiment puis le séchage se faisaient par l'étendage des écheveaux de lin sur la parcelle attenante au kanndi.

SAM_3156

Lorsque le travail du lin a disparu des campagnes, certains « kanndi » ont été réutilisés comme lavoirs mais l'apparition des machines à laver a entraîné leur abandon et, peu à peu, leur oubli. Des passionnés les sortent des ronciers et les restaurent pour tous, comme ici l’association Lichen de Commana.

On y accède en empruntant un sentier ombragé sous les pommiers ensauvagés, les prunelliers et les sureaux…

Un joli velouté ensoleillé avec les belles tomates Cornues des Andes de la Ferme de la Vallée, les oignons rosés et l’ail de Biodivy, un voile d’épices à tagine, une poignée d’aromatiques et une lichette d’harissa maison brûlant aux piments de Cayenne…

 SAM_3188

Pour 4 bols fumants et brûlants :

2 Kg de belles tomates Cornues des Andes de la Ferme de la Vallée

Huile d’olive

500 gr d’oignons rosés de Biodivy

6 belles gousses d’ail

Un bouquet de thym frais du jardin

Sel de Guérande

1 belle cuillère à soupe d’épices à tagine (mélange de curcuma, carvi, cumin, gingembre, cannelle, macis, coriandre, poivre blanc, muscade, cardamome, piment doux, girofle)

Eau de source

Un beau bouquet d’aromatiques en mélange (persil plat, coriandre, ciboulette)

 SAM_3128

Plonger les tomates dans une grande quantité d’eau bouillante, les pocher deux minutes puis  les sortir à l’écumoire. Les peler est à partir de là un jeu d’enfant. Inutile de les épépiner, les Cornus des Andes étant de grosses tomates très parfumées, peu juteuses et contenant très peu de pépins.

Peler et émincer les oignons, écraser au pilon les gousses d’ail.

Dans un faitout à fond épais, faire revenir les oignons dans deux cuillères à soupe d’huile d’olive avec les épices jusqu’à ce qu’ils soient légèrement dorés et tendres. Les épices vont rôtir également et exhaler leurs parfums. Ajouter alors l’ail, les tomates grossièrement hachées au couteau. Bien mélanger à l’aide d’une cuillère en bois et laisser compoter pendant une quinzaine de minutes à découvert. Ajouter le bouquet de thym, saler légèrement, puis verser alors à hauteur de l’eau de source bouillante. Couvrir et laisser cuire à feu doux et à couvert pendant une demi-heure, puis, une dizaine de minutes sans couvercle pour permettre à la soupe d'épaissir.

SAM_3184

Au bout de ce temps, passer l’ensemble au moulin à légumes (ou au mixeur plongeant).

Servir très chaud en versant une belle louchée de velouté sur une poignée d’aromatiques en mélange ciselées. Pour les amateurs d’aventure, ajouter une cuillère d’harissa maison au piment de Cayenne.

S’assoir au bord de la rivière, au pied du kanndi, et profiter du soleil couchant en sirotant ce velouté brûlant et parfumé.

SAM_3121