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Il existe 750 espèces d’aulx –quand même-. De la famille des Liliacées, ils sont tous comestibles et facilement identifiables rien qu’à leur odeur d’ail : cette plante discrète se ramasse en effet aussi du bout du nez. Reniflons, humons, inspirons, en froissant la feuille ! L’odorat est une étape essentielle de la dégustation.

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Chaque ail est une essence particulière, s’épanouit dans son terroir propre : au Gouezou par exemple, on trouve facilement dans les sous-bois de l’ail des ours, et dans les jardins, au pied des murets, en compagnie des nombrils de Vénus, l’ail triquètre, Allium triquetrum L. aussi appelé l'ail triquète ou triquette. C'est une plante invasive –et ce n’est rien de le dire-, raison de plus pour en profiter!

Triquetrum signifie à trois angles, c’est la particularité de sa tige. Il pousse en colonies comme l’ail des ours, se multipliant par bulbilles mais aussi par semis. Les graines sont énergiquement disséminées par les oiseaux. Ses feuilles sont planes, légèrement charnues à section triangulaire, légèrement plus courtes que les tiges florifères, charnues et à trois angles aigus aussi. Les fleurs blanches et peu nombreuses ont une forme de grandes clochettes, disposées en ombelles. Elles s’épanouissent de février à mai. Toute la plante dégage une agréable odeur d’ail, assez prégnante, incompatible avec les vampires. Quelle maman, quelle grand-mère n’a vu revenir du jardin, le sourire en tranche de papaye, une petite Chloé, un petit Arthur, les mains chargées d’un joli bouquet redoutablement parfumé ? Bonne nouvelle ! La plante se consomme comme l’ail des ours. Ses tiges charnues sont douces et sucrées, et crues elles méritent une attention particulière. Donc, désormais, il n’est plus nécessaire de déployer des trésors de diplomatie pour jeter discrètement le bouquet honni au compost avec un petit rictus dégoûté mais, au contraire, le valoriser dans une petite salade ou, comme ici, sur de belles escalopes de poulet à la pâte de citron, au miel et à l’ail triquètre !

Alors que les plantes aromatiques ont déserté les étals des maraîchers pour encore quelques semaines, l’ail triquètre est une aubaine !

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Pour 4 gourmands :

4 belles escalopes de poulet bio avec la peau (de la Ferme de la Vallée à Commana)

4 cuillères à café de pâte de citron (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/03/03/29352483.html )

Un beau bouquet d’ail triquètre (feuilles et fleurs)

Quatre tiges de thym du jardin

Une branche de romarin du jardin (coupée en 4 tronçons)

Poivre noir du moulin

4 cuillères à café de miel

Fleur de sel de Guérande

Huile d’olive

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Commencer par descendre dans le jardin, pour y cueillir du romarin… ainsi que du thym et le joli bouquet d’ail.

Laver les herbes du jardin et les sécher dans un torchon.

Couper chaque escalope en portefeuille (sans aller au bout de l’incision). Ouvrir chaque escalope à plat et badigeonner l’intérieur de pâte de citron puis glisser une tige de thym et un tronçon de romarin. Poivrer et saler. Refermer chaque escalope et les ficeler pour les maintenir fermées pendant la cuisson et permettre ainsi la diffusion des parfums dans la chair.

Préchauffer le four sur 160°, chaleur tournante.

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Dans une sauteuse, munie d’un couvercle et susceptible de passer au four, faire dorer les escalopes dans un filet d’huile d’olive et sur toutes les faces. Poivrer.

Disposer les escalopes côté peau sur le fond, fermer le couvercle et enfourner pour 40 mn de cuisson douce. A mi-cuisson, sortir la sauteuse du four et retourner les escalopes, puis enfourner à nouveau pour la suite de la cuisson. Dix minutes avant la fin, augmenter la température du four à 200°, sortir à nouveau la sauteuse, badigeonner la peau du poulet avec le miel et enfourner à découvert pour la dernière ligne droite. Cela aura pour effet de concentrer le jus de cuisson et de caraméliser la peau du poulet.

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Au sortir du four, parsemer le poulet du bouquet d’ail ciselé et déposer les fleurs sur toute la surface pour un joli effet fleuri. Servir avec une salade de krampouez mouzig (nombril de Vénus) et des capucines tubéreuses et des ocas du Pérou (produits par Yoann Marc à Cléder) sautés à l’huile d’olive.

Moelleux, parfumé,  frais… Tout simplement délicieux…