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Le Château du Taureau qui a rouvert ses portes pour une nouvelle saison (jusqu’au 25 septembre), drapé dans un granit couleur gris rouille, se dessine à deux encablures de l’île Louët. C’est le seul de ce type, en France, à disposer d’un pont-levis fonctionnel, restauré cette année. Une sacrée fierté qui vient ponctuer des siècles d’histoire mouvementée.

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Tout débute au XVIème siècle quand, pour se soustraire à la convoitise des pirates anglais, les Morlaisiens construisent une première fortification à l’entrée de la baie : le château du Taureau naissait. Il est réquisitionné par Louis XIV, peu après, pour défendre l’intérêt du royaume.

Vauban, ingénieur et architecte, le restaure avec deux de ses élèves. Ils mettent en place un système de défense « optimal ». Plus tard, le château du Taureau se transforme en prison. L’édifice, sur trois niveaux, renferme des aristocrates « embastillés » par lettres de cachet, des Girondins, des Montagnards et même Auguste Blanqui, célèbre Communard !

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Désarmé à la fin du XIXe siècle, le fort, classé monument historique en 1914, épouse une nouvelle vie… plus frivole. La riche héritière Mélanie Lévèque de Vilmorin, mère de l’écrivaine Louise de Vilmorin, le loue en tant que résidence secondaire de 1930 à 1937. Le fort vibre de soirées mondaines.

Changement de ton pendant la Seconde Guerre mondiale : il abrite des batteries antiaériennes allemandes. Puis une école de voile et un centre nautique s’y établissent, jusqu’en 1982. Le lieu est ensuite laissé à l’abandon.

En 1989, sous l’impulsion du maire de Plouezoc’h, neuf communes de la baie de Morlaix se regroupent en association pour relancer son activité, côté tourisme. Des travaux de restauration, portés par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Morlaix et financés par l’État, sont engagés. Une cale d’accostage est construite en 1998 et le fort, lui, rouvre ses portes au public en 2006.

Embarquement immédiat sur Amzer Zo! Rillettes de harengs fumés au citron confit et  à l’échalote grise, pain au levain et Muscadet-sur-lie dans la cambuse ! Cap sur le Taureau, hardi matelot !

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Le hareng saur

 

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,

Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,

Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

 

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,

Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,

Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

 

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,

Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,

Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

 

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,

Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,

Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

 

Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,

L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,

Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

 

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,

Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,

Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

 

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,

Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,

Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

 

Charles Cros

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Pour un confortable pot de rillettes de harengs au citron confit et à l’échalote grise :

200 gr de filets de harengs bio fumés maison

20 gr de jus de citron

100 gr de fromage blanc au lait entier de vache Bretonne pie noire

1 cuillère à café bombée de pâte de citron (c’est pas ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/03/03/29352483.html )

1 belle échalote grise

1 gros cornichon aux épices douces et au Chardonnay (c’est par là http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/08/04/30360298.html )

Quelques tours de moulin de poivre noir du Kerala

1 cuillère à soupe de baies roses

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Dans le bol du mixer, placer les filets désarrêtés et grossièrement coupés avec le fromage blanc, le poivre noir moulu, la pâte de citron et le jus de citron. Mixer par à-coups jusqu’à obtenir une pâte épaisse contenant encore un peu de morceaux (c’est plus agréable en bouche qu’une bouillie lisse, c’est certain !).

Détailler en tout petits dés le cornichon égoutté et l’échalote. Ajouter alors les dés dans la pâte en même temps que les baies roses. Mélanger soigneusement puis placer en bocal. Fermer et réfrigérer pendant quelques heures, le temps aux saveurs de s’épouser.

Se tartine sans façon sur de larges tranches de pain au levain (du pain de seigle, l’acmé !) frais ou légèrement toasté. Avec un petit verre de Muscadet bien frais, un apéritif marin à partager à bord !