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Ne cherchez pas la vraie recette du curry : elle n’existe pas ! Le curry, également connu sous le nom de cari en français, carri, cary ou même kari, est un mélange d'épices à géométrie variable. Ce terme désigne également les plats en sauce, assaisonnés par un mélange d’épices liées au "ghee" (beurre clarifié), au yaourt ou au lait de coco. D’origine indienne, cette idée de mélange épicé a considérablement voyagé notamment en Chine, en Thaïlande, aux Antilles, en Afrique ou encore au Mexique et en Bretagne ! Eh oui !

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Le mélange d’épices «curry» est à distinguer de la «feuille de curry» ou «caloupilé» (dénommé également kaloupilé ou encore karipoulé dans les Mascareignes, à La Réunion ou sur l’île Maurice), qui provient de l'arbuste Murraya koenigii, du nom de J.A. Murray qui édita au XVIIIème siècle le Linnaeus Systema vegetablium. Le Murraya koenigii fait partie de la famille des Rutacées. On le trouve à l’état sauvage dans le sud de l’Inde, au Sri Lanka ou dans les montagnes de l’Himalaya. Il est également cultivé partout en Asie, ce qui permet d’y trouver sur tous les marchés des feuilles fraîches de curry. En Occident il faut acheter la feuille de curry sous vide car les feuilles séchées n’ont aucune saveur.

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Le terme curry vient d’une anglicisation du terme tamoul kari, qui signifie ragoût ou plat en sauce. Au XVIIIème siècle, les colons britanniques ont d’abord utilisé le terme de «carry» puis «curry» pour désigner les plats épicés en sauce, d’où l’utilisation de ce terme en Occident. En Inde, on parle plutôt de masala, qui signifie mélange. Curry, garam masala ou colombo sont ainsi différentes espèces de masala. Qu’on trouve d’ailleurs en heureux mélange à La Réunion sous l’appellation massalé.

Vous suivez ?

On a trouvé les premières descriptions de curry dans un livre de recettes datant du Vème siècle av. J-C, dans lequel l’auteur décrit les plats préparés par les prêtres pour être offerts aux dieux.

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Il existe différentes sortes de mélanges de curry, plus ou moins corsés suivant la composition et le dosage des ingrédients. Pour approcher le plus septentrional des currys, cap sur le Kari Gosse breton, qu’on doit à l’influence des circumnavigations sur un pharmacien lorientais dans un contexte de Compagnie des Indes, de trois mâts aux cales chargées de trésors des mers du sud, de témoignages ensoleillés de marins de retour en terre bretonne…

Le Kari Gosse, dont la recette est secrète comme il se doit, est composé de gingembre, de curcuma, de girofle, de piment, de cannelle et de poivre… Mélangé en quantités raisonnables à du miel, de la pâte de citron et de sauce soja, le Kari Gosse fait des merveilles sur des petites côtes d’agneau qui grilleront et caraméliseront sur les premiers barbecues d’un printemps qu’on convoque. Pour une préparation à la prochaine transhumance qui mènera béliers, brebis, agneaux, chiens, bergers, sonneurs et randonneurs du la Maison de la Rivière de Sizun aux landes du Parc du Menez Meur à la mi-juin.

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Pour une belle brochette de quatre randonneurs affamés :

16 côtes d’agneau du Parc Régional d'Armorique

4 cuillères à soupe rases de Kari Gosse

2 gousses d’ail pilées en pâte au mortier

6 cuillères à soupe de miel liquide

4 cuillères à soupe de pâte de citron (c’est par ici  http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/03/03/29352483.html )

4 cuillères à soupe de sauce soja

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La veille, mélanger à la fourchette (ou à l’aide d’un petit fouet) les ingrédients de la marinade dans un petit saladier. Badigeonner sur toutes les faces les côtes de cette pâte dorée et les déposer les unes après les autres dans un plat. Placer au frais jusqu’au lendemain (une bonne nuit suffira).

Préparer le barbecue et, lorsque les braises rougeoient, placer les côtes sur la grille. Laisser cuire pas plus d’une à deux minutes par face. Les côtes doivent caraméliser tout en restant saignantes à cœur.

Servir bien chaud avec une belle salade de crudités, un riz basmati pilaf et une belle bouteille de Cabernet d’Anjou.

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