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« C'ui-là qui a fait la chanson,

C'est le gars Camus, gabier de misaine,

C'ui-là qui a fait la chanson,

C'est le gars Camus, gabier d'artimon.

Oh! mat'lots' faut hisser la voile,

Au cabestan, il faut qu'tout l' monde y soye;

Et vire' et vire' vire donc

Sinon t'auras pas d' vin plein ta bedaine'

Et vire' et vire' vire donc,

Ou t'auras pas ta ration dans l' bedon! »

(Chanson pour passer le temps)

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Alors que se profilent les fêtes maritimes de l’été et que convergent vers les ports finistériens les voiliers traditionnels d’ici et d’ailleurs, on entend déjà l’écho des chansons de marin –genre désormais saisonnier- qui ne manqueront pas de résonner sur les quais du Conquet, de Brest ou de Douarnenez. Ces chants, entonnés autrefois pour se donner du cœur au ventre par les forçats de la mer jolie, accompagnaient les manœuvres lors des changements de direction ou lors des mouvements délicats du navire : relèvement de l'ancre, maniement des voiles, changement de voilure en fonction de la force du vent par exemple. Si un treuil était utilisé pour faciliter le travail des matelots, on chantait alors en virant au guindeau ou au cabestan. Hardi les gars, vire au guindeau… Quant au cabestan, il s’agit d’un treuil à axe vertical qui pouvait être utilisé pour relever l'ancre, manœuvre particulièrement longue et pénible, ou encore pour tout autre opération de traction comme l'amurage des voiles ou le brasseyage des vergues.

L'arrivée du Dalh Mad, réplique d'un sloop borneur de la rade de Brest, au milieu de la flottille de la fête du port de Landerneau, ne sera pas seulement scrutée par les festivaliers de Kann Al Loar. Céline Le Gall, enseignante en lettres classiques et thésarde en histoire des sciences, attend de voir l'efficacité du cabestan vénitien reconstitué qu'elle y a fait embarquer, fruit d’un travail de traduction des écrits en langue latine de Giovanni Poleni, mathématicien et physicien italien du XVIIIe siècle, auteur de trois traités visant à améliorer les conditions de navigation.

TERRI

La chercheuse s'est donc appuyée sur les trois concours auxquels a participé l'éminent Italien, membre associé à l'Académie royale des sciences, en 1739. Ces écrits visaient à améliorer le cabestan et les ancres et à trouver la meilleure manière de mesurer le chemin d'un vaisseau sur mer. Mais la traduction est ardue, sans certitude de respecter la parole écrite et reconstituer un cabestan et une machine qui mesure le vent avec l’appui de lycéens a semblé un excellent moyen de valoriser les sections professionnelles et techniques, accompagné d'une réelle pédagogie de projet entre l'université et les sections lycéennes sollicitées.

Restait donc à tester les machines en question et c’est sur le Dahl Mad, remontant l’Elorn avec la flottille, que ces tests ont été effectués.

Une très belle façon de donner du sens aux apprentissages des latinistes et de jeter un pont entre scientifiques et littéraires, l’école et les vacances….

http://poleni.hypotheses.org/

Admirer ce témoignage des recherches et des navigations d’hier dans les fêtes d’aujourd’hui en partageant avec chercheurs, marins, enseignants et lycéens une petite terrine de carottes (ne jamais prononcer à bord le nom de l’aimable rongeur à longues oreilles qui en raffole aussi) au kari Gosse… Comme un témoignage des circumnavigations qu’auront permis toutes les trouvailles croisées de la sphère « locale » de savoirs et de pratiques scientifiques et technologiques portés par les officiers de marine et la sphère « savante » représentés par les membres permanents et étrangers de l’Académie Royale des Sciences…

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Pour 8 hardis matelots virant au cabestan :

500 gr de carottes nouvelles

Un bel oignon vert avec ses fanes

2 gousses d’ail nouveau

5 œufs du poulailler

25 cl de crème fraîche bio et crue

Env. 30 gr de gingembre frais

Env. 30 gr de curcuma frais

1 cuillère à café de kari Gosse

100 gr d’amandes mondées réduites en poudre

Un bouquet de coriandre fraîche

Sel de Guérande

Poivre du moulin

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Préchauffer le four sur 180°, chaleur tournante.

Éplucher et râper grossièrement les carottes. Puis éplucher et hacher l’oignon et l’ail.

Dans une sauteuse, faire chauffer de l’huile (neutre) et y faire revenir les légumes (carottes, ail et oignon) pendant une dizaine de minutes avant d’ajouter le kari Gosse puis saler et poivrer.

Dans une jatte, fouetter les œufs avec la crème fraîche et la poudre d’amandes avant d’ajouter le mélange aux carottes et la coriandre finement émincée. Bien mélanger.

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Verser la préparation dans un moule à cake ou dans des moules individuels.

Graisser un moule à cake et y verser la préparation.

Enfourner pour 40 mn pour le grand moule (ou une trentaine de minutes pour des formats individuels).

Laisser refroidir avant de démouler sur grille. Cette terrine est délicieuse accompagnée d’une salade verte assaisonnée d’une vinaigrette mangue-passion (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2013/10/06/28158043.html ).