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Les épinards, c'est un mythe en deux temps : d'abord sur le fer, ensuite sur Popeye. Par rapport à beaucoup d'autres produits comme le persil, certains poissons ou viandes, on trouve peu de fer dans les épinards et celui qui s'y trouve est peu assimilable par l'organisme. En effectuant une recherche sur internet, on trouve facilement qu'il s'agirait d'une erreur commise dans les années 30 lors de l'élaboration d'un manuel de nutrition. Une standardiste, en reportant le taux de fer dans les épinards, se serait trompée d'une virgule, augmentant ainsi de dix fois sa valeur. Malgré les dizaines de milliers d'entrées racontant cette histoire sur le net, il s'agit là encore d'un mythe. Mike Sutton, un chercheur en criminologie américain s'est mis en quête dudit manuel, mais n'en a trouvé aucune trace. On en a entendu parler pour la toute première fois dans les années 80, probablement par une personne qui a voulu faire le malin.

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Pour en revenir à Popeye, celui-ci explique dans une des premières cases de la bande dessinée, en 1932, qu'il mange des épinards car ils sont riches en vitamine A, censés le rendre fort. Un peu plus loin, il parle d'une "santé de fer", un banal raccourci a peut-être fait le lien entre les deux. Par ailleurs, pendant l'entre-deux guerres aux États-Unis, il était plus difficile de se fournir en viande. Le gouvernement a alors ramené l'attention sur les légumes, et notamment les épinards, en profitant de l'image de Popeye qui, s'en nourrissant, devient plus fort. Le mythe de Popeye est donc l'un des plus complexes. C'est ce criminologue qui, en travaillant plusieurs années sur le sujet, a démontré le caractère fallacieux de ces différents "faits".

Mais a-t-on vraiment besoin de justifier la consommation des épinards ? Non, c’est juste très bon ! Comme ici en velouté soyeux et parfumé avec des pois chiches, du citron et du cumin ! Une jolie tranche de pain à la courge pour le contraste de couleurs, un feu dans la cheminée. On est bien, non ?

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Pour une belle soupière verte et une poignée d’amis :

400 g de feuilles d’épinards toutes fraîches du marché

Le vert d’une botte de bettes

200 gr de pois chiches secs (ou environ 300 à 400 gr de pois chiches en bocal)

Quelques feuilles de laurier

Un litre de bouillon maison (poule au pot, pot au feu ou kig ha farz)

1 cuillère à soupe rase de cumin fraîchement pilé au mortier

1 oignon rosé de Roscoff

2 belles gousses d’ail rose de Lautrec

2 cuillères à soupe d’huile d’olive

Le zeste d’un demi-citron jaune bio

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La veille, faire cuire les pois chiches préalablement trempés, dans une grande quantité d’eau avec quelques feuilles de laurier. Ne pas saler mais poivrer avec vigueur. Après ébullition, laisser cuire à feu doux et à couvert deux à trois heures (tout dépend des pois chiches). Réserver dans l’eau de cuisson jusqu’au lendemain.

Eplucher ail et oignon. Piler l’ail et émincer l’oignon. Laver, ôter le cas échéant la nervure centrale -si ce sont de grandes feuilles d’hiver- des épinards et les essorer.

Egouttez les pois chiches (cuits maison ou en conserve) et conserver le bouillon maison parfumé au laurier pour une autre utilisation. Réserver quelques pois (trois à cuillères à soupe) pour le service. Les placer dans un petit bol, les écraser légèrement (juste pour les fendre) et les recouvrir d’huile d’olive pimentée (ou pas !).

Verser l’huile d’olive dans une cocotte et y faire revenir ail, oignon, poivre et cumin à feu doux. Ajouter les épinards, remuer et couvrir. Lorsque les épinards sont tombés, verser les pois chiches et le bouillon. Ajouter alors le zeste de citron puis amener à petite ébullition, couvrir et laisser cuire tout doucement pendant une quarantaine de minutes. Compléter si nécessaire avec du bouillon et de l’eau.

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Saler modérément avant de mixer (avec un pied mixeur ou un blender).

Servir bien chaud avec les pois chiches marinés dans l’huile pimentée et, en saison, de la coriandre fraîche finement émincée et/ou du persil plat. On peut également proposer des petits croûtons, des lamelles d’agneau séché ou des dés de poulet sautés et épicés pour en faire un plat principal parfumé et puissant.