SAM_2368

 DSCN4099

Le Domaine de Trévarez est rentré dans le cercle aussi fermé que prestigieux des Jardins d’Excellence au vu de sa très belle collection de camélias. Ce parc, en tant que jardin mixte, est un jardin remarquable. Il s'agit à l'origine d'un vaste parc à l'anglaise de 85 hectares, planté de nombreux arbustes ornementaux (par exemple on y trouve encore aujourd'hui 160 camélias centenaires), au sein duquel se nichent plusieurs jardins : la carrière romantique, le "jardin japonais", le jardin italien, le jardin régulier… La mise en scène des points de vue vers et depuis le château à l'aide des structures végétales (arbres portes, plantes de terre de bruyère, etc.) caractérise l'architecture du parc originel.

Au pied du Roc'h An Aotroù, James de Kerjegu fit construire, à partir de 1893, un vaste château, dernière folie architecturale de l'époque en France, et y intégra tous les conforts de l'époque : deux ascenseurs, eau chaude à tous les étages, sanitaires, chauffage central.... Afin que les invités de prestige puissent avoir constamment des fruits et légumes frais, il fit également construire de vastes serres, dotées de chauffage, à eau modulable. La présence d'une glacière électrique était également connue dans les cuisines, ainsi qu'une rôtissoire et un superbe piano à quatre fours, un four à pâtisserie, deux étuveuses, deux bains-marie et ses plaques de cuisson. Rêve de cuisinière et songe de princesse !

SAM_2426DSCN4082

A l’issue de quatorze années de travaux sur ce chantier titanesque, son maître d’ouvrage n’en profita que fort peu et  ce fut sa fille qui logea au château.  On y donnait de fastueuses réceptions, pour la noblesse venue de France, voire du monde entier. Idéalement placé, le Domaine était très apprécié pour les parties de chasse-à-courre qui y étaient organisées par Henri de la Ferronnays jusqu'en 1939.

En juillet 1940, le glas sonne pour le château qui sera réquisitionné par les forces d'occupation allemandes ( et par des sous-mariniers japonais, postés au port de Lorient). Il sera  bombardé par la RAF le 30 juillet 1944 sur les renseignements de la résistance française. Le château était pourtant inoccupé lors de l'assaut aérien. Le bombardement a atteint toute l'aile ouest du toit aux sous-sols, sur cinq niveaux, ainsi que les cuisines à l'est. Le salon d'apparat et les appartements de réception partiront en fumée. Il  ne s’était pas écoulé  quarante ans depuis la fin des travaux de ce château rose de la Belle au Bois Dormant, rêve moderne et nostalgique de James de Kerjegu…

SAM_2408SAM_2404

C’est donc un champ de ruines - un château éventré par la suite pillé sans vergogne, au beau milieu d’un parc ensauvagé – qu’acquerra le Conseil Général du Finistère en 1968 après que les héritiers aient jeté l’éponge devant l’ampleur des dégâts et le montant de la facture de remise en état du domaine. En 1971, le parc ouvre ses portes au public. Pour le château, à ce jour encore, c’est partiellement une coque vide, mise hors d’eau par la réfection de la toiture dans les années 90.

SAM_2433

Et tous les ans maintenant, le parc et son château accueillent les folies douces de Noël lumineux et décalés avec la complicité d’artistes, comme cette année à nouveau, Kiki et Albert Lémant. L’Arche de Léon, une étrange bouteille à la mer d’un univers imaginaire, à découvrir pendant quelques jours encore. Ambiance varech, goélands et Capitaine Achab.

 

Et tous les ans maintenant, le parc et son château accueillent les folies douces de Noël lumineux et décalés avec la complicité d’artistes, comme cette année à nouveau, Kiki et Albert Lémant. Après Léon A Zéravert (2014) -un Noël sens dessus dessous en joyeux anagramme- et Le Festin de Léon (2015) -pour Noël déjanté poétique et gourmand-, Léon, devenu Capitaine à bord de l’improbable HMS Marie-Nounours, largue les amarres et mouille l’ancre tout à la fois le long du Quai des Ecuries, à Port-Trevarec’h avec L’Arche de Léon, une étrange bouteille à la mer d’un univers imaginaire, à découvrir pendant quelques jours encore (fin le 2 janvier). Ambiance varech, Kraken, goélands et Capitaine Achab. Où est caché le trévarezor ? On cherche encore…
Servons en grande pompe à la Taverne des Malfoutus, où les gosiers secs sont malvenus, une belle terrine de lotte -pêchée [la lotte, pas la terrine!] par un nounours moussaillon du Capitaine Léon- au kari Gosse et au citron caviar pour célébrer cette folie architecturale avant-gardiste d’un autre temps et les installations dingopoétiques d'un Léon ancré dans son temps...

SAM_2429SAM_2416

Pour une terrine et 8 pirates gloutons :

1 Kg de filets de lotte (frais de préférence)

6 citrons verts bio

6 gros œufs du poulailler

70 gr de pétales de tomates séchées (à réhydrater) (ou une petite boîte de double concentré de tomate)

Deux cuillères à soupe d’un bon Lambig

½ cuillère à café de kari Gosse

Une cuillère à soupe de feuilles d’origan

Un petit bocal de tomates cerises confites à l’huile d’olive

Un petit bouquet de thym frais

Sel de Guérande

Poivre du moulin

 SAM_2352SAM_2361

Amener une grande casserole d’eau additionnée du jus, du zeste (non râpé) des citrons et du bouquet de thym à ébullition. Y plonger les filets de lotte et les laisser pocher pendant six minutes, à eau frémissante. Égoutter les morceaux et les laisser égoutter avant de les placer, pendant une bonne heure, entre deux planches surmontées d’un poids pour leur faire perdre leur eau et les raffermir. On obtient ainsi des filets avec une chair très ferme, proche de la consistance de la crevette ou du homard.

Mixer finement les tomates séchées réhydratées à l’eau chaude.

SAM_2354SAM_2357

Dans une jatte, fouetter les œufs jusqu'à les rendre bien mousseux. Ajouter alors la pâte de tomates (ou le double concentré de tomate) puis le kari Gosse, le Lambig et enfin, l’origan, le sel et le poivre.

Détailler les filets de lotte en gros dés. Dans un  moule à cake paré d’une feuille de papier cuisson, verser une couche de l'appareil aux œufs, puis une couche de lotte parsemée de tomates cerises confites égouttées, jusqu’à remplir le moule aux deux-tiers.

Placer le moule au four au bain-marie, comptez de 30 à 40 minutes à 170°, chaleur statique.

La cuisson optimale est atteinte lorsqu'une peau dorée s'est formée en surface du pain et qu’il est encore bien souple au toucher. Sortir du bain-marie, laisser refroidir puis filmer et réfrigérer jusqu’au lendemain.

SAM_2363SAM_2364

Au moment de servir, démouler sur une planche et, à l’aide d’un couteau bien affûté, couper de jolies tranches.

Répartir sur chacune des tranches des petites graines de pulpe de citron caviar qui éclateront en bouche en notes hespéridées. Un petit coulis de poivron siéra à merveille à cette jolie terrine mam goz.