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Kement-man hol oa d’an-amzer,

Ma ho defoa dennt ar ier.

Tout ceci se passait du temps,

Où les poules avaient des dents…

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« Un roi, en parcourant son royaume, aperçut un jour ces mots tracés au-dessus de la porte d’une maison :

Gant arc’hant hec’h eer dre-holl.

Gant an’hant a reer holl

Avec de l’argent on va partout.

Avec de l’argent on fait tout

C’était la demeure d’un marchand enrichi par son travail et son industrie, et qui, avec son argent, croyait que rien ne lui était impossible. Le roi entra dans sa maison et lui demanda : — Pensez-vous que ce soit bien vrai, ce qu’on lit au-dessus de votre porte ?

— Oui, sire, répondit-il, je l’ai éprouvé, maintes fois.

— Eh bien ! Voulez-vous accepter ce marché ? Si, avec votre argent, vous parvenez à coucher avec ma fille, je vous la donne en mariage, et si vous n’y réussissez pas, vous serez pendu.

— J’accepte, sire, répondit-il, sans hésiter.

— Alors, c’est entendu, et vous pouvez, dès à présent, aviser aux moyens d’arriver à votre but.

Et le roi s’en alla là-dessus.

Notre homme, qui se nommait Marzin, construisit une chèvre en argent, de forte dimension, qui marchait, bêlait et dansait au moyen d’un ressort intérieur qu’il faisait mouvoir.

Il s’enferma dans le ventre de sa chèvre, et alla se placer, conduit par un ami, qui était dans la confidence de son secret, sur le passage de la princesse, dans un jardin, où elle venait tous les jours se promener avec son père. Quand ils vinrent à passer, la chèvre se mit à cabrioler, à danser et à bêler. La princesse la vit, l’admira et voulut l’avoir, à toute force.

Le roi la lui acheta, et elle la fit porter dans sa chambre à coucher.

Le soir, une fois la princesse couchée, Marzin sortit de sa cachette, et parla à la jeune fille avec tant d’amabilité, qu’il la séduisit et obtint ses faveurs.

Il ne sortait que la nuit, quelquefois, par un escalier dérobé, pour se promener dans les jardins du palais.

La femme de chambre de la princesse, qui était dans la confidence, lui servait secrètement ses repas.

La princesse devint grosse.

Le roi, fort en colère, l’interrogea et lui demanda qui était le père.

—- C’est la chèvre d’argent, répondit-elle.

Et comme il n’obtenait que cette réponse, il se rendit à la chambre à coucher de sa fille, pour examiner la chèvre.

Il y trouva Marzin, qu’il reconnut bien et qui lui dit :

— Vous voyez que j’ai gagné, sire.

— Comment, coquin, c’est toi ? s’écria-t-il, étonné.

— C’est vous qui l’avez voulu, sire, en me portant un défi, et, comme je tenais à n’être pas pendu, j’ai fait de mon mieux pour éviter votre corde.

Le roi était confondu, et n’en pouvait croire ses yeux.

— Il n’y a pas à dire, sire, reprit Marzin, vous avez perdu et j’ai gagné. Souvenez-vous de votre promesse.

— Un roi ne doit avoir qu’une parole, répondit le vieux monarque ; j’ai donné la mienne et je la tiendrai.

Et le mariage de Marzin avec la princesse fut célébré, dans la quinzaine, et il y eut, à cette occasion, de grands festins et de grandes fêtes. »

François-Marie Luzel (Morlaix, 1877)

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Gageons pour célébrer dignement ce royal hyménée, le roi veilla certainement à fair servir lors du vin d’honneur ces blinis de blé noir au beurre de ferme, au poisson fumé maison et au citron caviar… Rien ne peut être trop beau pour les épousailles d'une princesse avec une chèvre d'argent! Yec'hed mat!

 

Pour une cinquantaine de petits blinis tout ronds

160g de farine de blé noir bio de Biodivy

2 œufs du poulailler

2 gr de levure sèche

300ml de lait entier bio et cru

Sel de Guérande

Et pour la garniture : du poisson fumé maison (truite, saumon, lieu…), du poivre, du beurre fermier bio et cru, un citron caviar.

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Au robot-pâtissier, commencer la pâte en assemblant la farine, les jaunes d’œuf, la levure, le sel et le lait. Laisser reposer le bol du robot recouvert d’un torchon pendant une heure à température ambiante, le temps pour la pâte de lever un petit peu.

Battre les blancs en neige puis les mélanger délicatement à la pâte à l’aide d’une maryse.

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Préchauffer le bilig sur 200° et cuire les blinis en versant chaque fois une cuillère à soupe de pâte sans l’étaler (elle s’étale un peu, toute seule comme une grande). Les disposer sur une torchon au fur et à mesure.

Pour la garniture, faire fondre le beurre dans un récipient posé sur le bilig et badigeonner chaque blinis de beurre fondu au pinceau. Poivrer avant de déposer ensuite une fine tranche de poisson fumé et enfin, terminer par quelques grains de citron caviar.