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« Le Philosophe raconte, en mouvent la question pour quoy c'est que l'eaue de la mer est salée, que, au temps que Phébus bailla le gouvernement de son chariot lucifique à son filz Phaéton, ledict Phaéton, mal apris en l'art et ne sçavant ensuyvre la line écliptique entre les deux tropiques de la sphère du soleil, varia de son chemin et tant approchaz de la terre qu'il mist à sec toutes les contrées subjacentes, bruslant une grande partie du ciel que les Philosophes appellent Via lactea et les lifrelofres nomment le chemin Sainct Jacques, combien que les plus huppez poètes disent estre la part où tomba le laict de Juno lors qu'elle allaicta Hercules : adonc la terre fut tant eschauffée que il lui vint une sueur énorme, dont elle sua toute mer, qui par ce est salée, car toute sueur est salée ; ce que vous direz estre vray si vous voulez tastez de la vostre propre, ou bien de celle des vérollez quand on les faict suez ; ce me est tout un. »

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Pour expliquer la salaison de la mer, le Philosophe explique qu'au temps où Phébus céda la conduite de son charriot de lumière à son fils Phaéton, celui-ci, incompétent et ne sachant suivre la ligne écliptique entre les deux tropiques de la sphère du soleil, dévia de son chemin et approcha tant de la terre qu'il assécha toutes les contrées sur son passage, brûlant une grande partie du ciel que les Philosophes appellent Voie Lactée et les ignorants nomment le chemin de Saint Jacques, là où, selon les poètes les plus précieux, est tombé le lait de Junon lorsqu'elle allaita Hercule : ainsi la terre fut tellement échauffée qu'il lui vient une sueur énorme, dont elle sua toute la mer, ce pourquoi elle est salée, car toute sueur est salée ; ce dont vous conviendrez si vous voulez tâter de la vôtre, ou bien de celle des vérolés quand on les fait suer ; cela m'est égal.

Pantagruel, Rabelais.

Sel de la Terre ou chlorure de sodium, monnaie ou impôt, gros sel de Guérande ou sel rose de l’Himalaya, fleur de sel ou sel aux fleurs du jardin, sel fumé de Norvège ou gomasio japonais… Point de vie sans ce sel aux vertus de conservation de la viande, du poisson, du beurre et du fromage et qui  modifie les saveurs primaires, diminuant l'amer et le sucré, pondérant l'acide et participant à l’intensité de l’umami. A saupoudrer sur des légumes et des nouilles sautés, sur une salade ou du fromage frais, le gomasio (ou gomashio) est un condiment japonais si facile à réaliser qu’on aurait bien tort d’acheter sa version industrielle. Des graines de sésame torréfiées et du gros sel de Guérande, le tout pilé au mortier et le tour est joué !

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Pour un petit pot (à fermeture hermétique type bocal à confiture) :

100 gr de graines de sésame bio en mélange (blanc, doré et noir)

10 gr de gros sel gris de Guérande

Et c’est tout !

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Profiter du four allumé (pour cuire un gâteau ou un gratin) pour glisser sur la sole un plat métallique contenant les graines de sésame étalées sur une seule couche. Enfourner pour une quinzaine de minutes à 180°.

Laisser perdre la grosse chaleur au sortir du four puis verser les graines de sésames torréfiées dans un mortier (ou un petit mixer). Ajouter le gros sel et piler (ou mixer par à-coups) jusqu’à obtenir un sable grossier. Ne pas insister de trop pour éviter d’obtenir une pâte huileuse.

Verser le mélange dans un bocal et, lorsque le gomasio est refroidi, fermer hermétiquement.