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De Saint-Georges à nos jours, l’homme a toujours défié le plus grand prédateur qui soit, le dragon. Pour sa survie, mais aussi par nécessité afin de pouvoir profiter des matières premières exceptionnelles qu’il fournit, et enfin pour le prestige. Quand on vit dans les Monts d'Arrée, entre loups et dragons, on n'est jamais trop prudent et il est sage de bien connaître ce redoutable prédateur qui rôtit, l’œil ténébreux et la gueule de braise, les randonneurs imprudents, c’est une simple question de survie.
Pour l’édification des masses laborieuses, Le Gouezou organise donc aujourd’hui un cycle exceptionnel de conférences sur cet art oublié : une occasion unique de découvrir le dragon en tant qu’espèce (biologie, éthologie), l’histoire de cette noble chasse depuis l’Antiquité, et enfin les techniques appropriées pour chasser cet animal des plus dangereux. Avec l’appui de documents vidéo authentiques, l'on découvrira donc les techniques de base nécessaires à leur chasse et l'on apprendra les erreurs à ne pas commettre et les (mauvaises) idées préconçues habituellement véhiculées par l’industrie du divertissement. Enfin, un atelier cuisine permettra de découvrir l’art d’accommoder le dragon de printemps : velouté, pâté, fricassée… Nombre de places très limité.

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Première leçon: pour terrasser les dragons, il faut réaliser une gelée de pissenlits des Monts d'Arrée au piment. Pour que la gelée magique agisse les pissenlits doivent être cueillis par un petit garçon de quatre ans. S'il s'appelle Arthur, c'est encore mieux. Ensuite emprisonner la magie dorée des Monts d'Arrée dans de petits pots avec le feu du piment, comme autant de fioles contenant des philtres aux destinations magiques, évidemment... Pour attraper le dragon, s'approcher à petits pas de loup, glisser dans sa gueule enflammée une cuillérée de jolie gelée fleurie... Abracadabra. Le dragon est sous contrôle! Ouf!

Pour quelques pots de gelée de pissenlit au piment et un dragon:

Un panier de fleurs de pissenlit (environ 500 fleurs pour obtenir environ 200 g de pétales)

Un litre d'eau

Deux oranges bio

Deux citrons jaunes bio

750 g de sucre

Un piment rouge (frais ou séché)

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Cueillir des fleurs à parfait épanouissement, les pétales doivent être d'un jaune sans souillure, bien ouverts mais résistant encore un peu sur la tige lorsqu'on tire dessus. Privilégier une cueillette dans une zone sauvage, loin des champs, des routes, des produits phytosanitaires et des particules fines… Déposer la récolte sur un grand torchon, de préférence en extérieur, et laisser des insectes qui auraient été capturés par erreur se carapater vers d'autres horizons...

Séparer les pétales jaunes d’or de la fleur. Peser les pétales, les mettre dans un contenant assez grand pour les faire macérer avec de l'eau à raison de 1litre pour 200g, et en y ajoutant deux oranges et deux citrons coupés en fines rondelles puis en quartiers (avec les pépins). Laisser reposer une demi-journée au frais.

Verser la macération dans une bassine à confiture (ou un grand faitout) et la cuire pendant une bonne trentaine de minutes (fleurs, agrumes et eau).

Filtrer la macération dans une grande passoire, en pressant un peu avec le dos d'une cuillère pour extraire tout le jus. Laisser le jus s’écouler une bonne demi-heure. Peser ce jus et ajouter 750 gr de sucre pour un litre de liquide.

Placer des pots à confiture et leur couvercle dans le cuit-vapeur et laisser stériliser une bonne vingtaine de minutes. Sortir les pots et les couvercles et les placer sur un torchon très propre (idéalement repassé quelques minutes avant son utilisation, ce qui garantit un tissu stérilisé).

Hacher menu le piment. L'ajouter au sirop jaune d'or, amener l’appareil à ébullition et laisser cuire la gelée à  feu moyen pendant environ 45 minutes à  une heure après ébullition, jusqu'au point de gélification. Vérifier ce point en versant quelques gouttes sur une assiette bien froide. Lorsque les gouttes épaississent et se solidifient un peu, c’est cuit !

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Placer alors dans les pots et fermer immédiatement.

Cette gelée dorée aux parfums fleuris, très légèrement amère, se tartine sur du pain de campagne et accompagne avec esprit et un léger piquant le délicieux fromage Sant-Eneour ou la tomme Kleuzic de la Ferme du Kleuz (tout comme le fait déjà sous d'autres latitudes la confiture de cerises noires d'Itxsassou avec l’Ossau Iraty).