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« Aucune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays de l'utopie n'y figure pas » affirmait Oscar Wilde, et, en effet, même les mondes que survolent les dragons sortis des pipes d'opium ne valent pas les chimères produites par la géographie de l'imaginaire. Oui, il y a encore une géographie de traverse pour peu qu'on lise les cartes, que l'on accepte le détour et force les passages… notamment dans les Monts d’Arrée rêvés ou rigolés.

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Les hommes ont utilisé des cartes depuis la plus lointaine antiquité, et le faisaient déjà probablement à des époques préhistoriques, en effet, le fait de traduire graphiquement la perception de notre monde est reconnue comme étant le précurseur de toutes les autres formes de communication. Il est possible que quelques dessins retrouvés dans des grottes ou dans des refuges, soient des croquis des territoires où ils vivaient et où ils chassaient. L’agriculture, les voies de transport, la gestion de la propriété foncière représentent entre autres le besoin qu’avait l’homme de reproduire l’environnement dans lequel il vivait.

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De la plaquette d’argile babylonienne datant de 2500 ans avant Jésus Christ, première carte de l’humanité, au GPS qui nous guide en consommateurs aveugles, il y a une petite place à la géographie subjective et ses cartes fantasques, à mi-chemin entre la science de la cartographie, l’approche sociologique et la démarche artistique. Ce à quoi se sont attelés les gens qui vivent dans les Monts d’Arrée sous l’égide de l’écomusée des moulins de Kerouat restera un projet extravagant qui a donné le jour à une synthèse pleine de poésie de cette perception de notre monde si singulier : une centrale qui disparaît, le lac et l’autre lac, , korrigans et touristes, loups et drosera, boulangerie et odeur de beurre, myrtilles et cèpes, skol et fest-noz, aphorismes et fleurs mécaniques… « Les fées, j’en ai pas vues mais des fois je me dis : ici, on n’est pas tout seul » et « On écoute des contes les pieds dans la gadoue »… Toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite… Bien entendu.

La carte des Monts d'Arrée vus par ceux qui y passent du temps est en vente dans les Monts d'Arrée (par exemple aux Moulins de Kerouat) mais aussi à l'étranger (par exemple à L'Ivresse des Mots à Lampaul-Guimiliau).

Petite contribution culinaire du Gouezou avec la ricotta des Monts d’Arrée au lait entier de Bretonne pie noir de Plouneour-Menez, rôtie aux herbes du Gouezou et tomates séchées des Jardins de Kervelly.

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Pour deux jolis fromages d’environ 200 gr chacun:

1,5 l de lait entier, bio et cru de vache Bretonne pie noir des Monts d’Arrée

5 cl de vinaigre de cidre de Germaine de Brasparts

¼ cuillère à café de sel de Guérande

Puis, herbes aromatiques (thym, romarin, etc.), huile d’olive, fleur de sel de Guérande, poivre du moulin, tomates séchées…

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Verser dans une casserole le lait et le sel et faire chauffer jusqu’à 85°C. Lorsque cette température est atteinte, ajouter le vinaigre, éteindre le feu et mélanger : le lait va commencer à cailler rapidement se détachant du petit lait. Lorsque le caillé est bien visible, laisser reposer la casserole –recouverte d’un torchon- à température ambiante pendant 15 min.

Préparer une passoire dans un grand saladier et le recouvrir d’un torchon : verser alors le caillé dans le torchon sur la passoire, rabattre le torchon sur le caillé et laisser égoutter pendant une heure à température ambiante.

Une fois égoutté, verser alors le caillé obtenu dans deux moules, tasser et égaliser.

La ricotta des Monts d’Arrée est à conserver au réfrigérateur et à consommer dans les jours qui suivent.

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Pour la ricotta rôtie, préchauffer le four à 150°C.

Dans un plat en terre ou en céramique, répartir un joli filet d’huile d’huile puis des herbes finement émincées (thym et romarin par exemple) et une généreux tour de moulin à poivre. Mixer les tomates séchées et les répartir sur les herbes.

Démouler alors la ricotta sur ce lit, l’assaisonner la ricotta avec un peu de fleur de sel et d'huile d'olive et enfourner pour une bonne heure et demie. La ricotta doit dorer et devenir ferme (elle se déshydrate et confit doucement). Elle se conserve au réfrigérateur pendant plusieurs jours. La servir seule en tranches avec un peu de sel, du pain de Ty Ar Forn (Saint-Cadou) et des herbes fraîches (et des crudités de Biodivy [Sizun] ou des Jardins de Kervelly [Commana]) ou l'utiliser sur des pâtes fraîches par exemple (tagliatelles certes, mais aussi cannellonis et ravioles).