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La poire, séductrice pulpeuse, fondante et parfumée, manipule subtilement son petit monde et, mutine, s’invite avec esprit au cœur des aphorismes, donc de notre quotidien. Lorsque l’on est prudent, on garde une poire pour la soif, alors qu’on est profondément gentil et naïf, on est une bonne poire. Par ailleurs, entre la poire et le fromage, au dessert, à la fin du repas, s’ouvre un moment de liberté où l’on parle franchement mais quand la poire n'est pas mûre, c’est qu’une opportunité se fait attendre. Enfin, quand on fait sa poire, c’est qu’on a un air fier et important alors que certains attributs féminins en forme de poire font monter le feu aux joues des messieurs, qui se fendront sans doute de quelque offrande dispendieuse comme un joli diamant taillé en poire à facettes... Et pour ne pas avaler des poires d'angoisse –c’est-à-dire subir des mortifications et de vifs déplaisirs-, déposer « Trois Morceaux en Forme de Poire » du facétieux et génial Eric Satie joués par Aldo Ciccolini sur la platine, napper langoureusement un toast de cette jolie confiture de poires du Gouezou au girofle et se servir un Darjeeling brûlant. Reprendre sa lecture du Ventre de Paris d’Emile Zola : « Et, au-dessus du fourneau, plus haut que les écumoires, les cuillers, les fourchettes à longs manches, dans une rangée de tiroirs numérotés, s’alignaient les chapelures, la fine et la grosse, les mies de pain pour paner, les épices, le girofle, la muscade, les poivres. »

Très librement inspiré de la jolie recette de ma bien chère, fidèle et gourmande amie, Virginie!

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Pour une dizaine de pots :

3 Kg de poires du verger, épluchées et épépinées

1,5 Kg de sucre de canne bio

2 à 3 citrons vert bio et donc non traités

½ cuillère à café de clous de girofle de Mayotte moulus

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La veille, couper les poires en petits morceaux et les mettre dans un récipient avec le jus du citron, le girofle et le sucre. Réserver au frais jusqu’au lendemain.

Le lendemain, verser le mélange parfumé qui a rendu beaucoup de jus dans une bassine à confiture.

Porter à ébullition et mélanger doucement et presqu’en continu. Ne pas écumer la confiture car c’est dans cette jolie mousse –qui finira par disparaître- car c’est là que se trouve toute la pectine –et il y en a peu dans les poires-.

Laisser cuire donc et surtout réduire jusqu’à obtenir une belle compoté assez épaisse, translucide et ambrée. Verser alors dans des bocaux stérilisés.

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