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Malmenée par les hommes, dévorée par les villes, grignotée par les champs, la forêt développe une force tranquille, une résistance languide. Quand on progresse dans la vieille forêt, quand on écrase sous ses bottes des branchages, des brindilles et des feuilles perdues par les arbres, les chênes centenaires, les hêtres longilignes, quand on a le visage caressé ou battu par les mousses ruisselantes, on se trouve dans un univers intermédiaire, dans quelque chose où tout existe fortement, où rien n’est illusion, mais, en même temps, on a l’étrange sensation d’évoluer à l’intérieur d’une image, et de se déplacer dans un rêve étranger où l’on est un intrus sympathique, ni vivant ni mort.

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Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s'éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d'individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer - à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance supérieur à celui sur lequel il avait poussé. Chaque arbre reçoit et transmet. Entre les deux, il se maintient. La forêt ressemble à ce que devrait être une culture.

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La rencontre de deux voix, au cœur de cette forêt enchantée a ouvert la voie à une belle aventure qui voit naître aujourd’hui un fruit délicat et serein qu’on effeuillera bientôt avec un rare bonheur : Matin des Arbres de la fée photographe Aïcha Dupoy de Guitard et du moine poète Gilles Baudry sèchera son encre en octobre et lèvera l’ancre vers toutes les bonnes librairies dans la foulée. Ce dialogue entre les photographies singulières de la fée et les vers ciselés du moine donne à voir une forêt changeante, rassurante au fond et sans cesse renouvelée par le puissant cycle de la vie. Les saisons s’égrènent sous la plume parcimonieuse de Frère Gilles et sous l’œil affûté de la photographe cavalière : Aïcha, comme la forêt, elle vit ! Elle vit en chaque arbre, en chaque plante...elle est l'âme de la forêt...elle est la vie ! Les courants, les cascades, c'est son cœur qui bat, son sang qui coule...

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Cet ouvrage est en prévente dès à présent sur https://fr.ulule.com/matin-des-arbres/

Et profiter de la forêt généreuse, de ses trésors offerts, glanés à la fin de l’été, noisettes et mûres, pour un moelleux noisettes, mûres, myrtilles et rhubarbe, sauce anglaise au thym-citron, joli dessert gourmand à partager avec Aïcha et Frère Gilles…

 

Pour 4 jolis moelleux noisettes, mûres, myrtilles et rhubarbe, sauce anglaise au thym-citron:

Pour le moelleux :

125 gr de beurre demi-sel, bio et cru de la Ferme Hellez Vraz (Penchran)

125 gr de sucre semoule

125 gr de noisettes sauvages

Une cuillère à café de fécule

Un bel œuf du poulailler

Un petit pot de compote de rhubarbe au sirop d’érable

Un petit bol de fruits des bois en mélange : mûres et myrtilles (mais aussi, pourquoi pas, framboises et fraises des bois)

Pour la sauce anglaise :

¼ de litre de lait entier bio et cru de la Ferme Hellez Vraz

2 jaunes d’œufs du poulailler

65 gr de sucre

Quelques jolies branches fraîches de thym-citron (ou de verveine)

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Passer rapidement les fruits des bois sous un filet d’eau fraîche pour ôter la poussière. Réserver.

Préchauffer le four sur 200°, chaleur tournante avant d’enfourner les noisettes déposées dans un plat métallique pour une quinzaine de minutes. Laisser refroidir un peu puis mixer en sable grossier.

Mélanger le beurre ramolli et le sucre au fouet avant d’ajouter la poudre de noisettes, la fécule puis l’œuf. Mouler sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé dans des cercles beurrés en inox. Déposer sur la crème de noisette une cuillère à café (ou deux) de compote de rhubarbe puis recouvrir de fruits (mûres et myrtilles). Enfourner pendant une dizaine de minutes.

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Amener le lait à ébullition dans une petite casserole et y placer les branches de thym-citron (ou de verveine) à fin d’infusion. Blanchir les jaunes d’œufs avec le sucre, verser le lait chaud dessus puis remettre le tout sur le feu dans la casserole du lait et cuire à la nappe (c’est-à-dire juste avant l’ébullition), passer à la passoire et refroidir rapidement. Placer au frais.

Servir le moelleux tiède ou froid sur une assiette et l’accompagner de la sauce anglaise glacée, servie en saucière.