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Jusqu’au XVIIIème siècle, les paysans-marchands de toile du pays Chelgen –pays traditionnel autour de la ville de Landivisiau et allant de Landerneau à Morlaix, avec une limite sud correspondant au versant nord des Monts d'Arrée-, qu'on appelle juloded , servaient d'intermédiaires entre les tisserands et paysans-tisserands de leur terroir et les négociants établis à Landerneau et à Morlaix, qui se chargeaient d'expédier les crées. Ces marchands se distinguaient de leurs homologues bretons et français par le fait qu'ils résidaient à la campagne et non dans les bourgades ou les villes, comme c'est généralement le cas ailleurs. Ils y exploitaient ainsi de grandes fermes dont la superficie varie de 15 à 40 hectares, alors que la taille moyenne des exploitations n'est que de 7 à 8 hectares dans la paroisse particulièrement toilière de Saint-Thégonnec. Les grandes fermes julodes dégagent donc des bénéfices qui sont, entre autres, investis dans le commerce. À la veille de la Révolution, on dénombrait plus de 400 paysans-marchands de toile en Léon. En 1799, Saint-Thégonnec en compte 46, Pleyber-Christ, 34, Plonéour-Ménez, 35, Sizun, 23, Commana, 33, soit un paysan-marchand pour 65 à 90 habitants.

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En Léon, le lin était surtout cultivé dans ce qui sera la « ceinture dorée ». Après son arrachage en juillet et en août, les paysans se chargeaient des opérations de rouissage, broyage, peignage et filage. Dès lors, des paysans-marchands de fil achètaient le fil écru, c'est-à-dire brut ou non blanchi, pour le vendre à des paysans-marchands de toile. Le fil écru était alors blanchi sous la direction du paysan-marchand de toile. À quelques dizaines, voire à quelques centaines de mètres de la ferme julode, on trouvait le plus souvent une blanchisserie, ur c'hanndi ou kanndi, en breton. Celle-ci consistait en un bâtiment dont la superficie variait de 30 à 50 m2. Elle comportait toujours un doué, c'est-à-dire un lavoir, un âtre et une ou plusieurs cuves en granit.

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L'eau, préalablement chauffée dans l'âtre, était versée dans les cuves en pierre où les buandiers avait placé les fils écrus et de la châtrée, c'est-à-dire de la cendre de bois de hêtre, qui servait de lessive. Quand les fils étaient bien imprégnés de la potasse contenue dans la cendre, on les étendait sur l'herbe d'un courtil à fil voisin, souvent appelé liorzh-an-neud, où ils sont régulièrement retournés. Ces opérations étaient renouvelées de trois à neuf fois selon le degré de blancheur que l'on voulait obtenir. Une fois blanchis, les fils étaient confiés aux « dévideuses » qui, dans un premier temps, les déroulaient. Répartis selon leur degré de finesse, ils étaient ensuite disposés en bobines : les plus fins garnissaient les cannelles qui étaient glissées dans la navette pour tisser la trame, cependant que les plus épais et les plus solides étaient enroulés sur des bobines de chaîne. En 1788, la zone toilère comptait près de 3 000 métiers à tisser, soit une moyenne de huit métiers par paysan-marchand de toile… Lorsque cette industrie florissante s’effondra et que la misère s’installa durablement, les métiers à tisser finirent tristement les uns après les autres comme bois de chauffage…

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Réchauffons-nous devant l’âtre rougeoyant d’une belle flambée d’automne en partageant ces heureux toasts de pain au jus de pomme, aux pommes Germaine de Brasparts et à la cardamome, recouverts d’une généreuse lichette de crème de camembert au poireau et au curcuma…

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Pour un grand pain au jus de pomme, aux pommes et à la cardamome et donc une farandole de toasts :

500 gr de farine

270 gr de jus de pomme maison

Un poignée de graines de lin doré (environ deux belles cuillères à soupe)

2 belles cuillères à soupe de miel de châtaigner ou de blé noir

2 cuillères à soupe de graines de lin doré

1 cuillère à café de graines de cardamome verte moulue

10 gr de sel de Guérande

6 gr de levure de boulanger déshydratée

1 pomme Germaine de Brasparts ou Reinette d’Armorique

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Dans le bol du robot-pâtissier muni du crochet, placer le jus de pomme (tiédi), le miel et la levure. Laisser se développer la levure et mousser l’ensemble pendant une dizaine de minutes.

Ajouter alors 200 gr de farine, mélanger sommairement à la fourchette. Recouvrir des 300 gr de farine restant et laisser lever une trentaine de minutes.

Avant de pétrir au crochet pendant 10 mn, ajouter le lin, le sel et la cardamome, puis laisser lever dans un endroit tiède à l’abri des courants d’air pendant une heure et demi au moins.

Quelques minutes avant la fin de la levée, éplucher les pommes et les couper en petits dés.

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Débarrasser le pâton sur le plan de travail légèrement fariné. Chasser l’air de la pâte et l’étaler grossièrement en forme de rectangle au rouleau. Répartir sur toute la surface les dés de pommes puis rouler la pâte en boudin (comme pour un gâteau roulé).

Laisser lever le temps de préchauffer le four sur 250°. Faire bouillir de l’eau. La verser dans un plat métallique placé directement sur la sole du four et enfourner le pain sur lequel on aura effectué quelques incisions au couteau bien aiguisé. Baisser alors la température à 210° et laisser cuire une quarantaine de minutes. Faites refroidir sur grille.

Pour réaliser les toasts, il est préférable de faire le pain la veille, de le laisser donc rassir jusqu’au lendemain puis de couper des tranches régulières et les toaster au four ou au grille-pain.