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Marie Anne Joséphine Charlotte de Tréouret de Kerstrat est un véritable personnage flamboyant de roman d’aventure aussi étonnant que Véfa de Saint-Pierre. Née au mitan du XIXème siècle près de Quimper, cette délicieuse aristocrate un peu fêlée fait voler en éclat les convenances, plaque sans façon son milieu pour des raisons rocambolesques, invente l’accueil touristique avant d'embrasser l’art naissant du cinéma et de courir le nouveau monde en véritable VRP des frères Lumière et de Georges Méliès… Rien de moins.

MARIE DE KERSTRAT

Fille de Joseph Louis de Tréouret et de Marie Antoinette de Mirabeau, Marie de Kerstrat nait le 25 juillet 1841 au château de Trohanet (Briec/Langolen). Elle épouse le 3 février 1868 à Paris, Louis Etienne Hermain Gustave Grandsaignes d'Hauterive. De leur hyménée convenu naît un fils, Henry Louis Marie, en 1869 à Pont l'Abbé. Grâce à l'héritage d'une tante, Marie de Kerstrat fait construire une propriété en bordure de l'estuaire de Pont l'Abbé ; cette propriété destinée à une riche clientèle va devenir un petit village de vacances ; il y aura quatre villas, un étang, un moulin à marée, le tout idéalement situé avec vue sur mer. Et Il y aura également des animations et des distractions. Les GO et les GM naissent donc sur les rives de l'estuaire du Pays Bigouden.

En 1897, son mari étant passé de vie à trépas, et son fils, exerçant comme avoué, ayant perdu tout l'argent de la dot de sa douce moitié, Marie décide d'acheter un appareil cinématographique aux frères Lumière et de tenter l'aventure des spectacles au Canada, afin d'aider son fils à rembourser son épouse. Ils partent pour le Québec avec l'intention de faire connaître le cinématographe aux Québécois. Puis au fil des semaines, au fil des mois, ils vont de ville en ville. "L'historiographe" (nom qu'ils ont donné à leur appareil) projette des films muets courts de 1min30 qui séduisent l'Amérique, le Canada, les Bermudes et aussi la France. Marie devient donc propriétaire des salles de cinéma à New-York, Boston et Atlantic City. Mais la concurrence est rude et de plus en plus de salles cinématographiques s'ouvrent un peu partout. En 1913, Marie et Henry tentent d'ouvrir aux Bermudes, une salle de projection ainsi qu'un lieu de villégiature ressemblant à celui de Pont l'Abbé.

Après une pause à Saint-Pierre et Miquelon dans une ultime tentative de voir enfin tourner la roue, ils reviennent en France, dépités et ruinés. En 1914, ils s'installent à Saint Malo où ils ouvrent une salle "Le St Pierrais". Elle ne résiste pas à la concurrence et Marie revient à Pont-l'Abbé en 1920, trois mois avant d'y mourir. La boucle est bouclée. Son fils la suivra dans la tombe moins d’une décennie après, clôturant ainsi cette incroyable aventure bretonne au service d’un septième art balbutiant.

On partagera à sa mémoire un velouté brûlant de courge au gingembre...

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Pour une brassée d'aventuriers:

Une belle courge (toutes peuvent convenir, comme par exemple le potimarron, la muscade de Provence, la galeuse d'Eysine dite cacahuète, etc.)

Un bon kilo d'oignons rosés de Roscoff

Un pouce de rizhome très frais de gingembre

Une phalange de rizhome de curcuma

Sel de Guérande

Poivre timut du Népal

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S'il s'agit de potimarron, ou plus généralement de courges de petites tailles et bio, il n'est pas utile de les peler. Il suffit de les laver -voire de les brosser- puis d'ôter le pédoncule et les graines. Couper ensuite la chair en gros dés.

Emincer les oignons et les faire revenir dans un peu d'huile neutre dans une grande cocotte à fond épais. Lorsque les oignons commencent à caraméliser doucement, ajouter alors la courge, le curcuma et le gingembre pilés au mortier, saler puis recouvrir d'eau bouillante, couvrir et laisser cuire à feu doux pendant 45 à 50 minutes. Lorsque la courge est tendre, passer la soupe au pied-mixeur ou au blender. Au moment de servrir, ajouter le poivre timut écrasé au mortier, le laisser infuser dans la soupe chaude et servir dans de grands bols.

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