100_0147

 26230275_538877436485697_8766762386713683200_n

« Tout près du lac filtre une source,

Entre deux pierres, dans un coin ;

Allègrement l'eau prend sa course

Comme pour s'en aller bien loin.

(…)

Ainsi la jeune source jase,

Formant cent projets d'avenir ;

Comme l'eau qui bout dans un vase,

Son flot ne peut se contenir ; »

(Théophile Gautier)

89004399_o

Les monts d’Arrée sont le château d’eau naturel du Finistère et le berceau d’un bel entrelacs de fleuves côtiers : l’Aulne, l’Elorn, la Penzé, le Queffleut (ou Queffleuth), le Douron, l'Elez, affluent de l'Aulne, etc. qui y prennent leur source.

À la différence de la majeure partie du reste de la Bretagne, l'eau est ici non polluée, ce qui explique la présence à Commana et à La Feuillée d'usines d'embouteillage d'eau de source, le captage puisant l'eau au pied du versant nord du Roc'h Trevezel pour la première, et sur le réseau d'eau de La Feuillée pour la seconde.

Spongieuses et sombres, les tourbières y sont nombreuses comme celle, baroque et spectrale, du Yeun Elez, agitée de mille légendes et peuplée d’une singulière faune de korrigans et de poulpiks. La tourbe fut longtemps utilisée par les habitants des monts d’Arrée comme maigre moyen de chauffage.

LAC SAINT-MICHEL GELE 01 17

En raison de la position atlantique des tourbières, elles possèdent une végétation spécifique : l'ajonc de Le Gall qui domine dans les landes des monts d'Arrée n'est fréquent qu'à l'ouest. La spécificité de ce massif est particulièrement d'être le réservoir principal de la sphaigne de la Pylaie, et d'abriter près des trois-quarts de la population française connue d’une très rare orchidée protégée inféodée aux tourbières acides : le malaxis des tourbières (orchidée rarissime, Orchidaceae), dite aussi orchis (quelques centaines de pieds). L'asphodèle d'Arrondeau, plante très rare et menacée, est également présente à Berrien.

Des landes du Cragou à celles du Venec à Brennils dans le marais du Yeun Elez, la faune des monts d'Arrée comporte plusieurs espèces endémiques, rares ou protégées, comme le Grand rhinolophe, le courlis cendré, le faucon hobereau, le busard Saint-Martin, le busard cendré, l'hermine, le Circaète Jean-le-Blanc ou l'Escargot de Quimper. Si le vison d'Europe n'y a plus été observé depuis les années 1970, parmi les espèces emblématiques figure le castor européen qui a failli s'éteindre à la fin du XIXème siècle et qui avait disparu en Bretagne depuis plusieurs siècles.

11222644_1657478261154913_2111859952480912621_n

L’humain a également tenté de dompter et de façonner ce royaume de l’eau. Deux lacs sont visibles depuis certains sommets des monts d'Arrée : le premier, au cœur même du marais, est le lac dit réservoir de Saint-Michel, en amont du barrage de Nestavel (commune de Brennilis), construit entre 1931 et 1936 pour régulariser le cours de l'Ellez et améliorer la production du barrage hydroélectrique de Saint-Herbot. Ce lac de retenue, d'une superficie de près de 500 hectares, le plus grand de Bretagne, a ennoyé la moitié orientale du marais du Yeun Elez et précipité l'abandon de l'exploitation des tourbières. Sauvage et étrange, au creux d’une lande rase entre rousseur des fougères et violine des bruyères, ce lac sert aussi désormais à régulariser le cours de l'Aulne, dont l'Ellez est un affluent, pour limiter les inondations dans la région de Châteaulin. Classé «grand lac intérieur», peuplé de brochets, de truites arc en ciel et de truites farios, fréquenté par les pêcheurs, il est peu exploité touristiquement et conserve la beauté mystérieuse du marais.

Le second, au nord-ouest des monts d'Arrée, plus éloigné, est le lac de Drennec : ce lac artificiel, doté de deux plages, ceint d’un chemin de randonnée, entouré d’une épaisse forêt, est consécutif au barrage du même nom implanté sur la partie amont de l'Elorn, est un lac de stockage d'eau destiné à approvisionner en eau potable l'agglomération brestoise et une bonne partie du nord du Finistère.

11737997_1657478914488181_7028204690838135074_n

Entre crêtes, landes et prairies, une randonnée est organisée par ADDES dimanche 11 février à partir de 14h, empruntant des sentiers en partie non balisés pour découvrir les sources de l’Elorn et l’Elez, deux rivières qui donnent au département une grande part de son eau via les lacs du Drennec et de Brennilis. Cette animation est proposée dans le cadre de la Journée mondiale des zones humides (JMZH). C’est un évènement international qui, chaque année depuis 1997, est consacrée à la sensibilisation du grand public aux zones humides. Il célèbre l’anniversaire de la signature de la convention de Ramsar en Iran, par 157 pays, le 2 février 1971.

DRENNEC

http://www.arree-randos.com/spip.php?rubrique54

Pedibus cum jambis, à cheval ou à vélo, parcourir ces espaces humides et sauvages entre ciel et terre, le toit de ce monde, cet ouest différent. Pique-niquer sur les hauteurs du lac Saint-Michel de blinis d’épinard au cumin et au citron. Bleu, vert, fauve. Respirer.

 

Pour trois à quatre randonneurs flâneurs :

300 gr d’épinards frais du marché

Un gros oignon rosé de Roscoff

125 gr de farine

Une grosse pincée de bicarbonate de soude

2 œufs du poulailler

50 gr de beurre demi-sel bio et cru

150 gr de lait entier

Une cuillère à soupe de cumin moulu

Un citron (on n’en prélèvera que le zeste)

Poivre du moulin

Sel

 100_0151

Laver et équeuter les épinards. Les couper grossièrement au couteau. Peler et émincer l’oignon. Dans un filet d’huile d’olive, faire fondre l’oignon et les épinards. Mixer grossièrement le tout.

Dans une petite casserole, faire fondre le beurre dans le lait.

Dans le bol du robot, mélanger la farine, les œufs, le bicarbonate, le zeste, le cumin, le poivre, le sel. Ajouter ensuite les épinards puis le mélange lait et beurre.

Faire chauffer le bilig sur 180/200°(ou une poêle). Verser de petites louches de pâte sur la plaque chaude. Au bout de deux minutes –lorsque de petites bulles se forment à la surface des blinis-, les retourner à l’aide d’une spatule. Laisser cuire à nouveau environ deux minutes. Débarrasser sur un plat ou un torchon.

100_0154

Ces blinis tout verts sont délicieux froids, tièdes ou chauds, et peuvent être servis nature ou avec des tartinades comme par exemple de l’houmous, de la crème de poivron au chorizo, du coulis de persil, du chutney de coriandre, etc.