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« ... Comme j'aime nos monts... Il n'eût tenu qu'à moi, je me serais retiré dans cette région où l'âme de la Bretagne semble s'être retirée, où elle se cache dans d'admirables masures elles-mêmes cachées dans le recourbement des talus, où les purins sont noirs, pour ainsi dire charnels, forts et comme orgueilleux, où les talus murmurent des secrets, et les ruines des plaintes sous les lierres. Et, tout est un mélange de robustesse et de douceur, et toujours ces monts comme une hantise d'ailleurs et des grands paradis. Pierres, caillasses, ardoises, chemins qui vont entre les landes et les prés vers les sources sous les herbes.

XAVIER GRALL

Je sais: c'était naguère le pays des pilhaouers, des truands, des bandits. La stérilité des tourbes, l'avarice de la terre ne leur donnaient pas d'autre alternative. C'était aussi la région des bardes. Ils erraient tous sous les nuages errants, caressants. J'imagine leurs joies et leurs plaisirs, sous les plafonds bas, dans ces petites fermes sombres, d'une architecture admirable, comme seuls les pauvres peuples peuvent inventer parce qu'ils sont bien obligés de compter avec le peu qu'ils possèdent: l'ardoise bleue noire, le schiste, le chêne. Mais ils savaient aussi les fureurs des vents, et les pluies, l'opiniâtreté des pluies (....)

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Et quand ces types farouches s'en revenaient à leurs feux, ils devaient s'en dire des histoires et s'inventer des légendes! Et quels amours sauvages! Et quelles danses! Et quelles fêtes! (...) » (Lettre de Xavier Grall à Glenmor, 1976)

On ne naît pas Breton, on le devient, à l'écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer… La poésie résonne aussi dans l’Arrée en ce Printemps des Poètes qui court sur la lande. A l’abri des rafales de la tempête Félix, relire Xavier Grall, partager un thé et un cheesecake pomme et caramel.

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Pour un joli cheesecake et quatre poètes arpentant l’Arrée :

90 gr de biscuits sablés à la cannelle de Ceylan et faits maison (c'est par ici

http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/07/05/30198514.html )

40 gr de beurre demi-sel bio et cru à température ambiante

120 gr de fromage blanc au lait entier de vache Bretonne pie noir

2 cuillères à soupe de crème fraîche épaisse

1 œuf du poulailler

25 gr de sucre de canne complet

Une généreuse pincée de vanille Bourbon

Un petit pot de gelée de pomme Germaine de Brasparts

Un petit pot de caramel au beurre salé

Une noisette de beurre demi-sel bio et cru

Une cuillère à café de cacao en poudre bio

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Tout d’abord, la veille, réaliser soi-même son caramel au beurre salé est une simplicité enfantine. Dans une casserole à fond épais, faire fondre et cuire 100 gr de sucre en poudre jusqu’à obtenir une belle couleur ambrée. Retirer du feu et ajouter 50 gr de beurre demi-sel bio et cru. Mélanger intimement et, toujours hors du feu, ajouter 50 gr de crème fraîche. Bien mélanger et lier sur le feu quelques minutes avant de verser dans un bocal. Laisser refroidir et réfrigérer.

Toujours la veille, placer le fromage blanc dans une étamine dans chinois au-dessus d’un bol et laisser s’égoutter toute la nuit.

Le jour J, à l’aide d’un pilon, écraser les biscuits afin de les réduire en poudre. Ajouter alors le beurre très mou (ou fondu). Placer cette pâte dans le fond d’un moule. Bien tasser et creuser une légère dépression au centre. Placer le moule au réfrigérateur.

Dans une jatte, placer le fromage blanc très égoutté, ajouter une pincée de sel de Guérande, une pincée de vanille, la crème, le sucre et l’œuf. Bien mélanger, mais rapidement et sans insister pour éviter de trop liquéfier la pâte.

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Préchauffer le four sur 150°, chaleur tournante.

Sortir le moule du réfrigérateur, déposer une couche de gelée de pomme puis recouvrir d’une couche de caramel au beurre salé au centre de la pâte et recouvrir de l’appareil au fromage blanc.

Enfourner pour 30 mn. A l’issue de la cuisson, laisser refroidir le cheesecake dans le four, porte entr’ouverte. Déposer deux cuillères à soupe de caramel sur le gâteau et le réfrigérer jusqu’au moment de le servir.

A ce moment, décercler (démouler) le gâteau le cas échéant et saupoudrer sa surface de cacao à l’aide d’une passette. On obtient un joli rendu velouté.

Servir sans attendre cette gourmandise irrésistible…