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Que sait-on de la flamboyante Jacquotte Delahaye ? Pas grand-chose –c’est toute la puissance des légendes-, si ce n’est que sa rutilante crinière rousse et ses étincelants yeux verts sont certainement la dernière chose qu’ont vu un grand nombre de malheureux, pirates, bandits, corsaires ou commerçants de leur état. Certes, les fées ne se sont pas penchées sur son berceau…

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Née vers 1630 à Hispaniola dans les Caraïbes de l'union sans tendresse d’un pirate breton alcoolique et d’une mère haïtienne morte en couches, elle grandit comme une herbe folle et surtout comme elle peut dans un monde sans douceur. Après l’assassinat de son père au cours de quelque querelle avinée, elle embrasse vers quinze ans la carrière paternelle de pirate et de boucanier –il y avait peu d’options-. Les débuts sont rudes et il lui faut dans ce monde d’hommes prouver sa valeur et faire sa place. Elle n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas –nécessité faisant loi- à voler pour se nourrir et donc survivre. Son sexe et sa beauté lui valent, c’est évident, des agressions d’une grande violence : elle n’échappe pas aux viols mais a rapidement la réputation de rendre la monnaie de sa pièce –et au centuple- à chacun des violeurs et attente donc à leur intégrité physique, voire à leur vie. Il se murmure rapidement dans les Caraïbes que Jacquotte est soupe au lait, qu’elle n’apprécie que fort peu les étreintes imposées et qu’au fond, la gente féminine et les amours saphiques lui vont mieux au teint. Son activité de pirate lui prend tout son temps et elle sillonne les mers turquoise qu’elle rougit du sang de ceux qui lui résistent –l’empathie et la piété ne sont pas chez elle des vertus cardinales-. Fine mouche, elle a pendant longtemps l’âme chevillé au corps et n’hésite pas à se faire passer pour morte à l’occasion de l’abordage d’un navire marchand qui tourne à son désavantage. Tel le Phoenix, elle renaît de ses cendres mais sous des traits et des oripeaux masculins,  poursuit un peu plus loin sa carrière sanglante grimée en homme, dirige des équipages de centaines d’hommes pendant plusieurs années. Son retour dans ses eaux et sur ses terres nourrit des légendes effrayées qui l’affuble d’un surnom qui fait frissonner dans tous les ports des Caraïbes : la « Revenue de la mort rouge » était née.

DRAPEAU PIRATE

Sa trajectoire à la tête de ses pirates inféodés l’amène à s’emparer vers 1665 d’une petite île des Caraïbes dont elle fera son fugace royaume, « La République des Pirates », havre qu’elle protègera, bec et ongles, jusqu’à la mort. Elle n’a pas quarante ans mais sa trajectoire a marqué son époque au fer rouge. La légende est en marche et on murmure d’île en île, de port en port, qu’elle aurait enfanté une fille à son image, rousse et autoritaire, une certaine Dinah Delahaye, devenue fine lame à la tête d’une flotte de pirates sanguinaires qui aurait écumé les mers caraïbes et accumulé un trésor formidable… Mais c’est une autre histoire.

On redoutera la venue de la descendance de Jacquotte sur les quais de Temps Fête à Douarnenez. Ouvrir l’œil –et le bon- en dévorant en dévorant des pol roti -ces délicieuses galettes salées à la noix de coco- et des naans au fromage trempouillées dans un étonnant chutney de coriandre et à la menthe bergamote. A l’abordage !

 

Pour une dizaine de « pol roti »,  galettes de noix de coco sri-lankaises :

Deux tasses de noix de coco (fraîchement râpée, c’est mieux, mais dans l’hémisphère nord, de la noix de coco râpée sèche, c’est bien plus facile à trouver)

Une tasse de farine

Une cuillère à café de sel fin

Environ ¾ de tasse d’eau

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Dans le bol du robot-pâtissier munie de la feuille (le K), placer la noix de coco râpée, la farine et le sel puis ajouter l’eau au fur et à mesure jusqu’à obtenir une boule de pâte de la consistance, plus ou moins, d’une pâte brisée souple.

Mettre le bilig à chauffer sur 200° (on peut aussi cuire les galettes dans une poêle).

Laisser reposer une petite demi-heure avant d’abaisser la pâte, un peu comme on le ferait pour une pâte à tarte, sur une épaisseur d’environ 3 à 4 millimètres.

A l’aide d’un emporte-pièce (ou d’un verre), prélever les disques et les déposer sur le bilig pour environ 2 à 3 minutes de cuisson par face. Servir chaud ou froid avec un curry, un dhal, des chutney comme celui, délicieux, de coriandre et de menthe bergamote.