30 janvier 2019

La Lavandière de Nuit du Gouezou et des joues de boeuf confites aux oignons

« Ha breman lavaromp eur bater hag eun ave Da c 'houlenn ar c 'hras D'ar paour da baouraad D'ar pinvidik da binvidikaad Ha da bep hini da chom en e stad (ou «en e renk») » C’est-à-dire: « Et maintenant disons un pater et un ave / Pour demander la grâce / Pour le pauvre de s'appauvrir / Pour le riche de s'enrichir / Et pour chacun de demeurer en son état (ou «à son rang») » Cette incroyable prière «inégalitaire», connue dans tout le Léon, et qu’elle soit parodique ou non, témoigne du respect du Julod... [Lire la suite]

29 janvier 2019

L'histoire du baptistère de Guimiliau contée à Yvonne Jean-Halfen et des cannelés au chocolat noir et au rhum

«Vous ne savez pas combien l'image du Paradou est douce et réconfortante, bienfaisante à un artiste» (Mathurin Méheut, lettre adressée à Yvonne Jean-Haffen, 1940). Bien entendu, en ce début 2019, la nouvelle n’a pas fait la une de la presse et n’a pas affolé les réseaux sociaux : la demeure dinannaise (que Mathurin Méheut avait surnommée le « Paradou ») d'Yvonne Jean-Haffen vient de recevoir fort discrètement le label "Maison des Illustres". Cette distinction, accordée par le Ministère de la Culture, valorise les... [Lire la suite]
24 janvier 2019

Les femmes criminelles des Monts d'Arrée au XVIIIème siècle; poulet rôti aux champignons, aux châtaignes et au citron

La criminalité féminine des siècles passés en Bretagne dit beaucoup de la société dans laquelle elle se déploie comme de la place et du sort réservés aux femmes. Certes, on retiendra des parcours flamboyants qui ont pu défrayer la chronique, alimenter les terreurs et nourrir les légendes comme l’épopée de Marion du Faouët ou le parcours empoisonné d’Hélène Jégado, mais il est bon de rappeler quelques trajectoires plus modestes, quelques résistances plus discrètes, quelques personnages dont les vies et les morts auront été d’une... [Lire la suite]
18 janvier 2019

Les amours impossibles de Culwch et d'Owen, un chevalier wedding-planner et un bol réconfortant de mulligatawny

Qu’y a-t-il de plus beau qu’un noble, vertueux et authentique amour ? C’est assez simple, il faut qu’il soit a priori impossible en plus, sinon c’est trop facile. Et s’il est celte, c’est l’acmé ! Il en deviendra forcément magnifique puis légendaire ; nombreux seront alors les conteurs et les conteuses à magnifier cette histoire et enjoliver cette quête d’absolu. Au nombre de ces conteurs, il y a bien sûr Mayonne qui se désolait autrefois du célibat de deux solides garçons du Gouezou, deux frères jumeaux qui... [Lire la suite]
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17 janvier 2019

Tout va très bien, Madame la Marquise! Quand Louise du Bot du Grego dévore des petits muffins chocolat coeur coulant vanillé

Bien avant que James de Kerjégu bâtisse un château tout rose comme sorti d’un conte de fées rétro-futuriste, Trévarez, en l'ancienne paroisse de Laz au cœur des Montagnes Noires, fut le théâtre des aventures pleines de rebondissements, de trahisons, de manipulations, de séductions, d’espionnage, d’assassinats, de suppliques, bref des aventures épiques de Louise. Avec en toile de fond les puissants et indissociables Eros et Thanatos -l’amour et la mort-, la vie de Louise fut donc une succession de rebondissements échevelés. Tout... [Lire la suite]
14 janvier 2019

Une femme discrète, d'ici, d'ailleurs et de partout: les combats d'Yvonne. Et une tartinade au saint-nectaire et aux noisettes

Qu’est-ce qu’ "être de quelque part" ? Y être né –par hasard- ? Y avoir vécu –par habitude- ? Y être passé –par choix- ? Y avoir jeté l’ancre –par amour du lieu-? D’où était Yvonne Pagniez ? On se souvient, dans les années soixante à quatre-vingt, d’une silhouette qui affrontait vaillamment à vélo la rue Saint-Yves ou celle des Martyrs –la bien nommée- à Plougonvelin. On la voyait, très droite et mince, souriante et discrète, qui faisait ses emplettes au bourg, chez l’accorte charcutière ou à la boulangerie, ainsi dans les... [Lire la suite]
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12 janvier 2019

Comment naissent et que mangent les dragons? Peut-être un quatre-quarts au blé noir, à l'orange amère et à la cannelle sauvage

Après le solstice d’hiver, si les jours rallongent très nettement, les températures entament une descente qu’on voudrait freiner  et les toitures du hameau scintillent d’humidité pailletée par le froid: pas de doute, l’hiver est là. On croise sans s’attarder les voisins transis, bonnet enfoncé et écharpe nouée, qui vaquent au minimum syndical des obligations extérieures : sortir puis rentrer les chèvres, ouvrir puis fermer le poulailler, fendre du bois puis le ranger. Mayonne avec son châle de laine noire qui enserre ses... [Lire la suite]
10 janvier 2019

Marie la recluse opiniâtre et des petits feuilletés au citron, au chèvre et à la sauge

Reconnaissez-le. C’est dans l’indifférence générale que s’est déroulée la journée du 13 septembre 2018. C’était un jeudi mais c’était aussi le centième anniversaire de la disparition d’une dramaturge et diariste brestoise singulière plongée dans le silence et l’oubli depuis déjà de nombreuses décennies. Sa mémoire ne lui aura d’ailleurs pas survécu bien longtemps ni son œuvre. Quoi que… Et pourtant, quelle étonnante et poignante trajectoire que celle de Marie Lenéru dont la vie, portée par une formidable énergie vitale, fut jalonnée... [Lire la suite]
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09 janvier 2019

Le tour du monde du petit bonhomme, sa bonne fortune, son Grand Amour, et une carbonade de boeuf au cidre et au pain d'épices

« La simplicité vient du cœur, la naïveté de l'esprit. Un homme simple est presque toujours un bon homme, un homme naïf peut être un fripon; et pourtant la naïveté est toujours naturelle, tandis que la simplicité peut être l'effet de l'art. » (Chateaubriand) Il était une fois, il y avait une fois –laissez-moi réfléchir…-, il y a vraiment bien bien longtemps, bien plus longtemps que ça au fond quand j’y songe, un petit bonhomme qui habitait une masure branlante dans les landes de l’Arrée battues par les vents. Il... [Lire la suite]
01 janvier 2019

Odette et Marion, méharistes aux semelles de vent, et une petite salade tiède de lentilles à la butternut rôtie

C’est un magnifique, un authentique, un émouvant coup de foudre qui emporte, à l’aube des sombres années trente, deux vies et lie à jamais le destin de Marcelle, discrète mais déterminée, et celui d’Odette, fantasque et affranchie. Les amours saphiques, si elles ont été tolérées à la fin du XIXème comme une incongruité d’artistes, sont vouées à une discrétion absolue et frappées d’un déni social puissant. On regarde ailleurs.  Sur une page de son agenda, Marcelle dessine, comme une adolescente, un attendrissant cœur... [Lire la suite]