Soupes roboratives, petits bouillons, potages soyeux...
30 juillet 2018

Archipel du Ponant et naufrage. Un velouté de pois gourmands pour les naufragés du Drummond Castle.

 Alors que la moitié du continent suffoque, une petite dépression s’est invitée sur ce bout du monde dûment rafraîchi… Rafales, creux et bruine : les cornes de houle et de brume donnent de la voix sur le littoral. Visibilité très réduite et houle résiduelle nous ramènent à une certaine prudence mêlée d’humilité : c’est un temps à ne pas mettre un canot, un Optimist ni un baigneur sur la mer qui n’est soudainement plus si jolie. Un temps propice à l’évocation des grands drames dont la mer d’Iroise et son chapelet d’îles, d’îlots... [Lire la suite]

08 février 2018

Des oignons, du miel, des amandes et de la cannelle: soupe à l'oignon très Renaissance

« J'ai soupé en humant l'odeur des soupiraux d'où s'exhalaient les fumets des viandes et des volailles rôties des bonnes cuisines bourgeoises de Charleroi. » (Arthur Rimbaud) Plat emblématique de la cuisine paysanne puis bourgeoise, la soupe s’est partagée sur les barricades d’hier et dans les ZAD d’aujourd’hui, et s’invite, simple et populaire, dans la rue et, sophistiquée et compassée, dans les fines agapes. C’est à partir du milieu du XVème siècle que la soupe désigne le plat que l’on connaît aujourd’hui (bouillon... [Lire la suite]
18 octobre 2017

Marie de Kerstrat, une aventurière du septième art et un velouté de courge au gingembre et au curcuma frais

Marie Anne Joséphine Charlotte de Tréouret de Kerstrat est un véritable personnage flamboyant de roman d’aventure aussi étonnant que Véfa de Saint-Pierre. Née au mitan du XIXème siècle près de Quimper, cette délicieuse aristocrate un peu fêlée fait voler en éclat les convenances, plaque sans façon son milieu pour des raisons rocambolesques, invente l’accueil touristique avant d'embrasser l’art naissant du cinéma et de courir le nouveau monde en véritable VRP des frères Lumière et de Georges Méliès… Rien de moins. Fille de Joseph... [Lire la suite]
20 juillet 2017

Gai! Gai! Marions-nous au Gouezou! Pour une soupe au lait potache...

Gai ! Gai ! Marions-nous ! Quand un jeune homme ou une jeune fille d’un hameau des Monts d’Arrée -et particulièrement du Gouezou- s’apprêtait à convoler en justes noces au mitan du XXème siècle, chaque foyer voisin –jusqu’aux hameaux environnants- était représenté par un membre de la famille qui, comme tous les autres invités, assistait à la cérémonie le matin puis au déjeuner et au dîner servis en plein air ou dans un restaurant. Il n’était donc pas rare qu’entre cent et deux cents convives assistent au mariage. Entre les deux... [Lire la suite]
06 juillet 2017

Bouillon de onze heures, soupe aux herbes et arsenic

On le sait, le génie breton –et celui des Bretonnes surtout- s’épanouit sur une palette infinie de domaines, de la littérature à la musique, en passant par la cuisine, la piraterie ou la pédagogie. Il n’y a donc pas de raison que le crime ne fasse pas partie des cordes à l’arc des Bretonnes. Sorcière dérangée, Hélène Jégado qui tutoyait l’Ankou, défraya la chronique de son temps et fut sans doute la plus grande tueuse en série française du XIXème siècle, la plus terrifiante meurtrière de tous les temps, reléguant dans l’imaginaire... [Lire la suite]
16 mars 2017

Du coeur au ventre avec un velouté de cocos de Paimpol à la saucisse de porc blanc de l'Ouest grillée: partageons camarades!

 « Plus de défaillances ! Plus d’incertitudes ! Toutes au combat ! Toutes au devoir !» (Nathalie Lemel, le 12 mai 1871 au club de la Délivrance).En petite femme révoltée, le poing levé, Nathalie Lemel a traversé le XIXème, s’est affranchie des codes, a gagné son indépendance, défendu ses convictions et semé des graines de revendications qui résonnent encore aujourd’hui: libraire, ouvrière-relieuse, mère de famille, puis femme divorcée et indépendante, sa vie est une épopée qui part de sa Bretagne natale et se déploie dans le... [Lire la suite]

12 novembre 2016

Un velouté pour Popeye: épinards, blettes, pois chiches, citron et cumin!

Les épinards, c'est un mythe en deux temps : d'abord sur le fer, ensuite sur Popeye. Par rapport à beaucoup d'autres produits comme le persil, certains poissons ou viandes, on trouve peu de fer dans les épinards et celui qui s'y trouve est peu assimilable par l'organisme. En effectuant une recherche sur internet, on trouve facilement qu'il s'agirait d'une erreur commise dans les années 30 lors de l'élaboration d'un manuel de nutrition. Une standardiste, en reportant le taux de fer dans les épinards, se serait trompée d'une virgule,... [Lire la suite]
15 juillet 2016

Poulet, liseron d'eau et coriandre vietnamienne: allumer le phở ...

Comme souvent en ce qui concerne les plats emblématiques, on ne sait pas grand-chose du phở -qu’on prononce par ailleurs [feu] et c’est dans ce flou artistique que le phở est devenu un symbole de la cuisine vietnamienne, élevé au rang de patrimoine culinaire d’exception. Les premières traces du phở se situeraient vers 1925 à Hà Nội où les archives mentionnent son existence. Cependant le phở actuellement connu comme étant de Hà Nội (capitale du Vietnam) serait vraisemblablement d’origine de la ville de Nam Dinh, à une centaine de... [Lire la suite]
10 avril 2016

Le seigneur Elorn, le dragon et une soupe à l'oignon rosé de Roscoff, au sirop d'érable et au magret de canard séché

Il était une fois un dragon sanguinaire –comme il se doit-, glouton –c’est quand même une très grosse bête- et insatiable –sinon, il n’y aurait pas d’histoire à raconter-… Les histoires de dragons, gardiens de trésors ou terreurs d'une région et qu'auraient vaincus les saints et les chevaliers, sont nombreux également en terre bretonne. Sans parler du Morault dont triompha Tristan, du dragon que Gildas enchaîna lors de son arrivée dans la presqu'île de Ruys ; de celui que combattit Arthur et que terrassa Efflam ; du monstre à... [Lire la suite]
04 avril 2016

Un repas de Robinson des Monts d'Arrée: velouté d'oseille sauvage, oeufs à la coque et mouillettes au beurre d'ortie!

Vive les vacances pour Chloé, 4 ans, et Arthur, 3 ans ! Profiter d’un soleil timide mais bien présent pour cavaler au Gouezou, bien emmitouflés, bottes aux pieds, et battre la campagne avec un petit panier… Y placer au fur et à mesure des pérégrinations les trésors chipés à une nature qui se réveille : sommités d’orties, poignées de feuilles d’oseille, nombril de Vénus et, pour finir, les œufs du poulailler. Voilà un repas façon Robinson des monts d’Arrée assuré ! Velouté d’oseille sauvage, œuf à la coque et... [Lire la suite]