Soupes roboratives, petits bouillons, potages soyeux...
27 février 2019

Les petites princesses des quatre saisons et un velouté de butternut aux flageolets

« Tout vient à point à qui sait attendre » a dit sentencieusement Mayonne hier aux petits-enfants attablés pour le goûter, chacun garnissant les larges crêpes dorées des confitures des fruits rouges de l’été, les engloutissant sans façon mais se languissant des fraises du printemps. Seuls le calendrier et Mayonne disent que c’est encore l’hiver… a ronchonné l’un des galopins. Mayonne, sourcils froncés, penchée sur son ouvrage, à ravauder auprès du feu ou à sarcler au potager, émaille souvent ses propos d’aphorismes... [Lire la suite]
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18 janvier 2019

Les amours impossibles de Culwch et d'Owen, un chevalier wedding-planner et un bol réconfortant de mulligatawny

Qu’y a-t-il de plus beau qu’un noble, vertueux et authentique amour ? C’est assez simple, il faut qu’il soit a priori impossible en plus, sinon c’est trop facile. Et s’il est celte, c’est l’acmé ! Il en deviendra forcément magnifique puis légendaire ; nombreux seront alors les conteurs et les conteuses à magnifier cette histoire et enjoliver cette quête d’absolu. Au nombre de ces conteurs, il y a bien sûr Mayonne qui se désolait autrefois du célibat de deux solides garçons du Gouezou, deux frères jumeaux qui... [Lire la suite]
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12 décembre 2018

La Belle Tamisier, La Tulipe, la Madeleine, la liberté et l'égalité: soupe pho aux boulettes moelleuses

Que sait-on de la Belle Tamisier, si ce n’est pas grand-chose d’une part et, d’autre part, qu’il ne s’agit pas d’un bateau mais bien d’une jeune femme au caractère bien trempé et follement éprise de liberté… Belle et rebelle donc. Elle naît au milieu du XVIIIème siècle, c’est certain, mais où ? On n’en sait rien. Sans doute à Brest, peut-être à Recouvrance, le quartier rive droite. Si elle est fort belle on l’aura compris, elle est aussi sans aucun doute éduquée, n’a pas froid aux yeux mais des rêves plein la tête. Comme... [Lire la suite]
11 novembre 2018

Le miracle de la soupe, la paix fragile et la soupe miraculeuse du Gouezou

« Connaissez-vous, nous dit un soir la très vieille Mayonne alors qu’une soupe de légumes fumait sur le poêle ronronnant et que les crêpes de blé noir s’empilaient sur un torchon de lin, connaissez-vous le « miracle de la soupe » ? C’est une bien vieille histoire, elle n’en est pas moins vraie. Il y a bien longtemps, vraiment très longtemps, j’étais alors une toute petite fille habitant le hameau du Gouezou… La Toussaint venait de passer, les tombes étaient fleuries, les morts du quotidien avaient été honorés et l’on venait tout... [Lire la suite]
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11 octobre 2018

Le lièvre diabolique, le mécréant et un velouté pomme, céleri et châtaigne à la saucisse grillée et à la noisette

Alors que les jours raccourcissent inexorablement, volant chaque soir, chipant chaque matin des minutes au soleil pour nourrir la nuit, les forêts s’empourprent, les fougères roussissent, les châtaignes, les noisettes et les pommes se précipitent sur le sol : les austères monts d’Arrée frissonnent, se recroquevillent doucement pour entrer dans les mois noirs –miz du- qui alimentent les contes les plus effrayants. Le soir, on est tenté par une flambée crépitante qui ensoleille les maisons plongées dans la nuit : famille, amis,... [Lire la suite]
30 juillet 2018

Archipel du Ponant et naufrage. Un velouté de pois gourmands pour les naufragés du Drummond Castle.

 Alors que la moitié du continent suffoque, une petite dépression s’est invitée sur ce bout du monde dûment rafraîchi… Rafales, creux et bruine : les cornes de houle et de brume donnent de la voix sur le littoral. Visibilité très réduite et houle résiduelle nous ramènent à une certaine prudence mêlée d’humilité : c’est un temps à ne pas mettre un canot, un Optimist ni un baigneur sur la mer qui n’est soudainement plus si jolie. Un temps propice à l’évocation des grands drames dont la mer d’Iroise et son chapelet d’îles, d’îlots... [Lire la suite]

08 février 2018

Des oignons, du miel, des amandes et de la cannelle: soupe à l'oignon très Renaissance

« J'ai soupé en humant l'odeur des soupiraux d'où s'exhalaient les fumets des viandes et des volailles rôties des bonnes cuisines bourgeoises de Charleroi. » (Arthur Rimbaud) Plat emblématique de la cuisine paysanne puis bourgeoise, la soupe s’est partagée sur les barricades d’hier et dans les ZAD d’aujourd’hui, et s’invite, simple et populaire, dans la rue et, sophistiquée et compassée, dans les fines agapes. C’est à partir du milieu du XVème siècle que la soupe désigne le plat que l’on connaît aujourd’hui (bouillon... [Lire la suite]
18 octobre 2017

Marie de Kerstrat, une aventurière du septième art et un velouté de courge au gingembre et au curcuma frais

Marie Anne Joséphine Charlotte de Tréouret de Kerstrat est un véritable personnage flamboyant de roman d’aventure aussi étonnant que Véfa de Saint-Pierre. Née au mitan du XIXème siècle près de Quimper, cette délicieuse aristocrate un peu fêlée fait voler en éclat les convenances, plaque sans façon son milieu pour des raisons rocambolesques, invente l’accueil touristique avant d'embrasser l’art naissant du cinéma et de courir le nouveau monde en véritable VRP des frères Lumière et de Georges Méliès… Rien de moins. Fille de Joseph... [Lire la suite]
20 juillet 2017

Gai! Gai! Marions-nous au Gouezou! Pour une soupe au lait potache...

Gai ! Gai ! Marions-nous ! Quand un jeune homme ou une jeune fille d’un hameau des Monts d’Arrée -et particulièrement du Gouezou- s’apprêtait à convoler en justes noces au mitan du XXème siècle, chaque foyer voisin –jusqu’aux hameaux environnants- était représenté par un membre de la famille qui, comme tous les autres invités, assistait à la cérémonie le matin puis au déjeuner et au dîner servis en plein air ou dans un restaurant. Il n’était donc pas rare qu’entre cent et deux cents convives assistent au mariage. Entre les deux... [Lire la suite]
06 juillet 2017

Bouillon de onze heures, soupe aux herbes et arsenic

On le sait, le génie breton –et celui des Bretonnes surtout- s’épanouit sur une palette infinie de domaines, de la littérature à la musique, en passant par la cuisine, la piraterie ou la pédagogie. Il n’y a donc pas de raison que le crime ne fasse pas partie des cordes à l’arc des Bretonnes. Sorcière dérangée, Hélène Jégado qui tutoyait l’Ankou, défraya la chronique de son temps et fut sans doute la plus grande tueuse en série française du XIXème siècle, la plus terrifiante meurtrière de tous les temps, reléguant dans l’imaginaire... [Lire la suite]