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« Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer » (Platon)

Le temps d’une escapade à l’Ouest, quittons les Monts d’Arrée … pour ne pas les user.

Demain sera en effet un double jour d’anniversaire, de Monsieur Gouezou d’une part, mais aussi de l’allumage du phare de Saint-Mathieu au bout –ou au commencement, question de point de vue- du monde…

Le phare fêtera donc en fanfare ses 180 ans (soit beaucoup plus que Monsieur Gouezou) et pour l’occasion, on y mangera du far… Evidemment !

La légende raconte que, ramenant le corps de l'apôtre Mathieu, des marchands du Léon auraient été miraculeusement sauvés du naufrage au large de cette pointe. Au VIème siècle, pour abriter les reliques du saint, Tanguy y fonde le premier monastère. De l'abbaye subsistent aujourd'hui la façade romane, les voûtes de pierre du chœur et les arcades de la nef. S’y promener au crépuscule, soleil couchant et premiers balayages du phare, ombres et lumières, est magique.

Des droits sont accordés à l’Abbaye de Saint Mathieu, dès 1157, par le duc de Bretagne, en compensation de l’entretien d’un feu. Ces droits sont retirés par l’administration royale en la personne de Richelieu, à son profit –ben tiens…-, tout en laissant aux moines le soin de l’entretien. Le donjon tour élevé dans le système défensif de l’Abbaye sert de tour à feu. Le feu est alimenté successivement par du bois, du charbon, de l’huile. Il est protégé dès 1689 par une « cage vitrée » mais celle-ci est d’une efficacité douteuse en raison de l’opacification des vitres. Elle est, de plus, soumise aux aléas climatiques ; un coup de vent la démolit en 1750. Des améliorations sont apportées et progressivement la portée du feu s’accroît puisque en 1771, grâce à des réverbères à huile, il apparaît à 6 lieues (34 kms) de distance.

Le rapport d’inspection, en 1781, de la tour à feu, par Antoine Choquet de Lindu, ingénieur de la Marine à Brest, nous décrit l’installation. Cependant l’état de la tour est tel qu’il ne permet pas d’envisager une réelle modernisation. Il conclut en évoquant la construction d’un phare neuf.

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C’est en 1830 que la décision de construire Saint-Mathieu est prise. L’écrivain morlaisien Emile Souvestre dénonce le fait que l’on se serve de l’abbaye comme d’une carrière, sans doute à temps car c’est surtout du granit de l’Aber-Ildut, solide et superbement nuancé de feldspath rose, de quartz gris, de mica noir, et partiellement du Kersanton que nous trouvons dans le bâtiment.

Le nouveau phare est inauguré le 15 juillet 1835. Il s’élève à une hauteur de 37 mètres, plaçant sa lanterne équipée d’une optique lenticulaire, à 58,80 mètres au-dessus du niveau de la mer (haute-mer, marée de 95). Son feu porte jusqu’à 27 milles (50 kms). En 1900, il est équipé d’un brûleur consommant un mélange de pétrole vaporisé et d’air comprimé grâce à un injecteur, la lumière est plus intense. En 1932, il est électrifié et actuellement c’est une lampe aux iodures métalliques de 250 W – 220 V qui lui permet d’envoyer à la ronde son éclat blanc toutes les 15 secondes. C’est en effet la fréquence de l’éclat, précisé sur les cartes marines, qui permet aux navigateurs de déterminer sa position par rapport aux autres phares.

Pour compléter l’approche lumineuse de la « proue de l’Ancien Monde » comme l’écrit Michelet, même si cette terminologie peut être contestée par la pointe de Corsen d’une fraction de degré plus proche de l’Amérique –mais on ne va pas chipoter-, qu’en 1894, un feu auxiliaire est placé dans l’angle N-O de l’Abbaye. Il présente un secteur blanc de seulement 3° 50’, inséré entre deux secteurs rouge et vert de 7° 30’. Aligné avec le phare de Kermorvan, il donne le relèvement du chenal du Four.

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La visite du phare sera offerte à tous les Mathieu et à tarif réduit pour tous ceux qui souhaitent un bon et joyeux anniversaire au phare Saint-Mathieu !

Sentinelles de la nuit aujourd’hui menacées, le balai de leurs rais de lumière a quelque chose de magique, de rassurant, l’écueil est évité, le port n’est plus très loin… Et un réconfortant plat de pommes de terre rôties au four, citron, thym, fleur de sel de Guérande et huile d’olive. Bio, évidemment !

 

Pour 6 convives s’apprêtant à gravir les 163 marches du phare de Saint-Mathieu :

2 kg de pommes de terre bio

2 citrons jaunes bio

Un gros bouquet de thym frais (celui de Virginie est sans conteste le meilleur !)

Une tête d’ail nouveau bio

Huile d’olive fruitée bio

Poivre du moulin

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Eplucher les pommes de terre et les précuire une quinzaine de minutes à l’eau bouillante salée ou à la vapeur.

Préchauffer le four sur 200°, chaleur tournante.

Dans un grand plat à gratin, huiler généreusement à l’huile d’olive fruitée, répartir les gousses d’ail pelées et pilées au mortier (ou au presse-ail), le zeste des citrons très finement râpé, les feuilles de thym, puis les pommes de terre précuites et égouttées. Poivrer fortement et ajouter un généreux filet d’huile d’olive, puis le jus des citrons. On peut également, selon l'envie, l'humeur et l'âge du capitaine ajouter des échalotes nouvelles, du romarin, de la sauge, du persil plat, et, pourquoi pas, de la menthe ou de la coriandre. Tout dépend des goûts et des couleurs, et aussi de ce qu'on a sous la main!

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Enfourner pour une bonne demi-heure, jusqu’à ce que les pommes de terre terminent leur cuisson et dorent joliment. Servir avec des boulettes, des grillades, et une jolie petite salade de pousses (épinards, nombril de Vénus, etc.)…

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