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Il y a bien longtemps, très longtemps...

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On raconte qu’il advint que le moulin de Kerouat fut incendié… Ou un autre moulin. On ne sait plus. Mais c’était non loin du Gouezou. Maladresse ? Hasard ? Vengeance de quelque poulpik mal luné ? Conflit de fées ? Les habitants du hameau se perdaient en conjectures. Mayonne, l’une des fillettes du haut du hameau à qui l’on confiait bien volontiers le soin de mener un petit troupeau de vache Bretonne pie noir et qui connaissait tous les t...alus, tous les méandres du Stain –la petite rivière coulant au bas du hameau-, toutes les souches et ainsi que le petit peuple magique, raconta un soir à la veillée ce qui suit : « Ce soir, alors que je rentrais mes vaches, j’ai vu accourir, sur la lande, l’armée des chats et l’armée des rats, marchant l’une contre l’autre. Prise d’effroi, je me suis réfugiée derrière une grosse pierre levée. Le capitaine des chats, après avoir rangé son monde, s’adressa alors à l’armée des rats. « Pourquoi les rats êtes-vous si maigres ? Nos dents, à vous croquer, s’émoussent sur vos os. Si vous n’engraissez point, nous allons tous mourir de faim ! »

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Le capitaine des rats se lissa les moustaches, se dressa sur ses pattes et répondit : « Hélas ! Nous périrons les premiers ! Le moulin de Kerouat ne tourne plus ! Depuis maintenant de longs mois il n’y est plus rentré un seul grain de blé ! Ah ! Si au lieu de ce vieux moulin décati nous avions un moulin neuf, nous y trouverions du grain et de la farine et nous engraisserions ! »

« Signons une trêve ! rétorqua le capitaine des chats. Plus de batailles, car le danger nous est commun. Unissons-nous et brûlons le moulin ! »

Sitôt dit, sitôt fait ! Chats et rats entourèrent le moulin et frottèrent avec leurs pattes les éclats de cailloux ramassés dans la lande. Bientôt les étincelles jaillirent et le moulin s’embrasa ! »

Les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes, les voisins, tout le monde regarda la fillette qui venait de terminer son récit. « Balivernes et billevesées !, s’écria le père de Mayonne. Va te coucher ! » Et comme il fallait se coucher tôt pour se lever de bonne heure le lendemain afin de construire un moulin neuf, les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes et les voisins se saluèrent, regagnèrent leurs pénates et leurs lits-clos.

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Près de l’âtre qui achevait de consumer des galettes de tourbe, le capitaine des rats et le capitaine des chats se saluèrent d’un clin d’œil.

La confection des pains parfumés aux herbes du jardin allait donc reprendre bientôt…

 

Pour deux fougasses aux herbes fraîches, aux olives et aux tomates confites :

500 gr de farine du moulin des rats et des chats

6 gr de levure

10 gr de sel de Guérande

230 gr d’eau de source tiède

4 généreuses cuillères à soupe d’huile d’olive parfumée (celle du bocal de tomates s échées confites maison fera merveille)

Un bouquet d’aromatiques fraîches du jardin : thym, origan, sauge, romarin…

Deux cuillères à soupe de tomates séchées confites à l’huile d’olive grossièrement hachées

Une poignée d’olives vertes d énoyautées

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Délayer la levure dans l’eau tiède. Laisser la levure se développer doucement dans un endroit tiède. Ajouter alors la farine, l’huile d’olive, le sel et les herbes très finement ciselées.

Laisser pousser le pâton obtenu dans un endroit tiède sous un torchon pendant deux bonnes heures. La pâte doit doubler de volume. L’abaisser sur un plan de travail fariné, la diviser en deux pâtons. Les abaisser rapidement avec un rouleau sur moins d’un centimètre d’épaisseur. Déposer sur la surface de chacun des disques les olives et les tomates hachées. Replier la pâte sur chacun des pâtons et abaisser légèrement au rouleau jusqu’à obtenir deux pains plats oblongs. Les placer sur une plaque à pâtisserie légèrement huilée à l’huile d’olive et laisser pousser à nouveau, toujours dans un endroit tiède.

Préchauffer le four sur 190°, chaleur statique. Au moment d’enfourner, creuser du bout des doigts des petites dépressions sur toute la surface des pains et les arroser d’un bon filet d’huile d’olive. Enfourner pour une trentaine de minutes. Déguster  chaud ou tiède, déchiré du bout des doigts ou couper en tranches fines qu’on trempera dans des tartinades multicolores : pesto de courgettes crues, cervelle de juloded, crème de poivrons rouge au chorizo, petit chèvre rôti au miel, au thym et au citron… Bref !