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Dans les Monts d’Arrée, il y a des dragons –c’est avéré-, des elfes –on s’en doute-, un ankou –c’est littéraire- et désormais aussi une bonne fée ! Rose, une amie rencontrée sur Facebook –c’est loin- mais habitant Saint-Cadou –c’est près-, m’a fait découvrir la Ferme de la Vallée, une petite exploitation bio fort sympathique qui propose des légumes, des œufs, du poulet mais aussi des plats préparés.

Et qu’y ai-je trouvé ? Des cornichons ! Pour le béotien, la nouvelle peut sembler sans grand intérêt –qu’il passe son chemin- mais l’an passé par exemple, nous n’en avons trouvé qu’en Lozère…

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Petit retour sur une quête du Saint-Graal, une aventure, une vraie, un défi à relever, une quête avec tout plein de rebondissements haletants, d'adjuvants futés, d'opposants perfides, bref, tous les éléments du schéma actanciel...

Réaliser soi-même ses cornichons maison est un jeu d’enfant comme nous allons le voir. Le plus difficile dans cette affaire est … de trouver des cornichons frais ! Ce n’est en effet pas une mince affaire et, au Gouezou, n'écoutant que notre courage, nous avons relevé le défi avec une belle audace et une admirable persévérance.

Tout d’abord, « faire du cornichon », nous ont affirmé nos fournisseurs officiels bio des Monts d’Arrée, c’est du boulot –ça, c’était avant de connaître la Ferme de la Vallée-.Trop. Il faut en effet cueillir ces cucurbitacées plusieurs fois par jour pour une clientèle trop rare. Comprenons : ça ne vaut pas le coup.

Bon. Pas grave : qu’à cela ne tienne, nous allons les planter au potager ! Petit détail qui a son importance, le potager est contigu à l’enclos de nos ovins taquins et gloutons, les trois moutons noirs d’Ouessant, Marmouz le maout (le bélier), Biniouz, la brebis et Roz-Kamm, l’agnelle de l’année. Les plus petits moutons du monde, certes. Les plus voraces et sélectifs aussi, assurément. Et qui ont donc dévasté nos précieuses plantations à la faveur d’un saute-moutons par-dessus l’enclos. Il n’est strictement rien resté. Marmouz, Biniouz et Roz-Kamm sont extrêmement méticuleux.

Bon. Pas grave. Les cornichons, ça se mérite, tenons-nous le pour dit et notre opiniâtreté a fini par être récompensée à dix minutes du Gouezou…

Nous voilà face à des cornichons frais et bio, initialement destinés à la gent gallinacée de la Ferme de la Vallée -nous avons immédiatement mis le holà à ce funeste projet-. On a donc joué la carte « mouton » et on a tout embarqué !

Tout vient donc à point à qui sait attendre. Patience et longueur de temps. Quand on veut, on peut. Etc.

Quant aux moutons, ils ne perdent rien pour attendre, la vengeance étant un plat qui se mange froid.

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Pour quelques très précieux bocaux :

2 kg de cornichons frais bio de la Ferme de la Vallée à Commana (c’est par ici http://lafermedelavallee.weebly.com/  )

 

Pour la saumure :

4 litres d’eau

300 gr de gros sel gris de Guérande

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Pour la marinade (par dose d’un litre environ, à ajuster en fonction du volume des cornichons, de la taille des pots, etc.) Ici, il m'a fallu deux doses.

30 cl de Chardonnay (les cornichons de Commana méritaient bien d’être accommodés d’une marinade au Chardonnay, non ?)30 cl d’eau

30 cl de jus de pommes Germaine de Brasparts du Gouezou

40 cl de vinaigre blanc

40 g de sucre de canne complet bio

Une dizaine d’inflorescences de sureau du Gouezou

(Et d’autres inflorescences à placer dans les bocaux)

 

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La veille, laver soigneusement les cornichons. Dans une marmite, faire bouillir l’eau et le sel pendant une dizaine de minutes. Eteindre le feu et y verser les cornichons. Fermer le couvercle et laisser saumurer 12 à 24 h.

Dans une casserole, mélanger le jus, le vinaigre blanc, le Chardonnay et le sucre. Porter à ébullition, y jeter les fleurs de sureau. Couvrir, éteindre le feu et laisser infuser les fleurs de sureau.

Le lendemain donc, égoutter et bien rincer les cornichons.

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Dans un cuit-vapeur, stériliser des bocaux et leur couvercle pendant une vingtaine de minutes. Adopter des tailles et des formes différentes ! Pour offrir, penser aux petits bocaux. Pour des gros cornichons, type malossols, de grands bocaux s’imposent.

Filtrer la marinade. La porter à frémissement dans une casserole.

Laisser s’égoutter et sécher les bocaux et couvercles sur un torchon très propre. Garnir chaque bocal d’une inflorescence de sureau (en plaçant la fleur contre les parois pour que ce soit joli), de tapis de poivre noir du Kérala ,selon appétence, puis remplir de cornichons en les serrant bien les uns contre les autres. Terminer par verser le mélange bouillant jusqu’à hauteur. Refermer immédiatement les pots. Laisser refroidir. Ranger ensuite dans un endroit frais et sombre. Laisser mariner au moins une semaine avant de déguster. Ces cornichons croquants, peu vinaigrés et parfumés en diable se conservent jusqu’à deux années… Si on ne les a pas dévorés avant !