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A l’orée de novembre, le mois noir des Bretons, une multitude de soirées contées et autres balades se télescopent dans un joyeux brouhaha et d’étranges chuchotements. De la Vallée de Ti Dour à la Maison de la Duchesse Anne à Morlaix, sans compter un détour dans les Monts d’Arrée, voici venu le temps des korrigans, des feux follets sur fond de grincements de la charrette de l’Ankou dans les landes désolées du Yeun Elez…

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Tout d’abord ce soir, il va falloir faire vite ou choisir entre la soirée contée à la Maison dite de la duchesse Anne et son alter ego en breton à Botmeur.

La soirée morlaisienne est animée par Henri Mazeran, conteur trégorrois, qui sera accompagné par Olivier Depoix à l'accordéon et à la cornemuse. Entre les deux complices, qui collaborent depuis plusieurs années, un dialogue magique va donc s'installer. Henri Mazeran fera vivre sur les trois étages de l'escalier à pondalez des contes qu'Olivier Depoix habillera par des chants traditionnels et des compositions originales. Ce récit à deux voix devrait séduire petits et grands.

Au même moment et au cœur des Monts d’Arrée, les Contes de la Toussaint et d'autres temps se dérouleront en langue bretonne à Botmeur. Plus de cent vingt ans après la parution de "La légende de la mort" d’Anatole Le Braz, l’Ankou fait toujours parler de lui en Bretagne. Le célèbre folkloriste trégorrois qui avait bien raison de dire : "La mémoire des Bretons est inépuisable, plus on l’explore, plus on désespère d’en toucher le fond."

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Samain, qui correspond à la nuit du 31 octobre au 1er novembre de notre calendrier, est le début de l’année qui commence par la "saison sombre". Ce nouvel an celte est une fête de passage, de transition qui durait une semaine, trois jours avant et trois jours après. Elle a donné naissance aux festivités d’Halloween.

Pas de répit pour les amateurs de randonnées contées car dès le lendemain, vendredi, et dans le cadre du dixième anniversaire du  Festival La Charrette aux Merveilles une petite randonnée contée nocturne animée par huit conteurs s’élancera dans la vallée de Ti Dour. A la lueur des lampes à pétrole, des bougies et des flambeaux… avec en clôture une dégustation de soupe au potiron.

Petite contribution du Gouezou avec ce velouté de butternut rôti avec les toutes dernières tomates… Il faudra bien ça pour résister à cette ventrée de contes...

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Pour une bonne dizaine d'amateurs de veloutés et contes en randonnée….

2 oignons rosés de Roscoff

3 gousses d’ail rose de Lautrec

1 jolie courge butternut bio d’environ 2 kg

1 cuillère à café de paprika fumé (également appelé pimenton, pimenté ou pas)

1 cuillère à café de cumin moulu

Sel de Guérande

1 Kg de tomates bien mûres

Huile d’olive

Et pour le service

1 brique de chèvre des Chèvres Folles d’Emmanuelle (sur le marché de Sizun)

Un pot de bombe à l’ail (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/07/27/30319256.html )

Un pain au levain un peu rassis

Un petit bouquet de persil plat

Quelques branches de thym frais

Quelques baies de poivre timut du Népal

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Préchauffer le four sur 200°.

Couper la butternut en quartiers et la glisser au four avec un filet de d’huile d’olive pour 45 mn de rôtissage. Elle en sortira comme confite et n’en sera donc que plus savoureuse.

Dans une cocotte à fond épais, faire revenir l'oignon émincé et l'ail écrasé du plat d’une lame de couteau sur feu moyen-doux en remuant de temps en temps. Au bout d’une dizaine de minutes, lorsque l'oignon est tendre, ajouter les tomates grossièrement coupée en dés, puis les épices. Ajouter la pulpe de courge rôtie, mélanger à nouveau, puis mouiller à hauteur avec de l’eau.

Porter le tout à ébullition puis laisser cuire à feu doux pendant une trentaine de minutes.

Passer les légumes au moulin à légumes pour éliminer les peaux de tomates et les graines. On obtient un joli velouté soyeux.

Couper les croûtes du pain et égaliser pour obtenir des carrés. Disposer ces tranches sur une plaque à pâtisserie recouverte d’une feuille de papier cuisson. Arroser d’un filet d’huile d’olive et enfourner jusqu’à obtenir des toasts dorés. Déposer une lichette de brique de chèvre sur la moitié des toasts chauds, parsemer de petites feuilles de thym frais et d’une pincée de poivre timut du Népal (dont les fragrances hespéridées font merveille sur le chèvre). Sur l’autre moitié, tartiner de bombe à l’ail (c’est par ici http://gouezou.canalblog.com/archives/2014/07/27/30319256.html   ).

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Servir le potage brûlant parsemé de persil plat ciselé et placer à disposition les toasts. Chacun pourra selon son appétence plonger les toasts dans sa soupe ou y croquer à pleines dents. Chacun fait, fait, fait, c’qui lui plaît, plaît, plaît.